Des policiers devant le centre de conférences Riocentro, à Rio de Janeiro, qui accueille le sommet des Nations unies sur l'environnement du 20 au 22 juin 2012.
Des policiers devant le centre de conférences Riocentro, à Rio de Janeiro, qui accueille le sommet des Nations unies sur l'environnement du 20 au 22 juin 2012.

à Rio de Janeiro, Audrey Chauvet

Des routes barrées par l’armée brésilienne, des contrôles de police tous les cent mètres et des hélicoptères qui survolent le centre de conférences: pas de doute, les chefs d’Etat arrivent bien ce mercredi à Rio, pour l’ouverture officielle du sommet des Nations unies sur le développement durable. A 10h, le coup d’envoi officiel de Rio+20 a été donné devant les délégations du monde entier et la tension monte: «Vous avez 72 heures pour décider de l’avenir de nos enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants», a martelé Brittany Trilford, une jeune néo-zélandaise de 17 ans choisir pour interpeller les délégations ce mercredi matin.

>> Les enjeux du sommet, par ici

Le compte à rebours a commencé

Le compte à rebours a donc commencé. Et pour les chefs d’Etat qui arrivent, il va falloir porter un texte qui ne satisfait pas grand-monde. Le représentant des ONG dans les négociations n’a pas mâché ses mots devant l’assemblée: «C'est impressionnant de sentir tout ce pouvoir autour de moi capable de changer le monde, et pourtant nous sommes sur le point d'échouer car les gouvernements essayent de protéger leurs petits intérêts, a-t-il martelé. Vous utilisez la crise économique comme excuse mais vous continuez à subventionner les industries pétrolières». Et d’enfoncer le clou: «Les ONG ne soutiennent absolument pas ce texte.»

Les autres groupes, femmes, jeunes, indigènes, sont également profondément déçus. «C’est honteux d’avoir abouti à un texte aussi faible», «vingt ans de discussions en cinquante pages, et notre avenir est entre des guillemets»… Et pourtant, les gouvernements ne changent pas de discours: «Rio+20 n'est pas une fin, mais un début», a réaffirmé le secrétaire général de la conférence, Sha Zukang. Et Dilma Rousseff, la présidente du Brésil, a déclaré qu’elle n’avait «pas de doutes que nous serons à la hauteur du défi du développement durable».

Le dialogue a échoué

Si ce sommet devait être une avancée dans la mise en place d’un dialogue, il aura à coup sûr échoué sur ce point, ausis bien durant les négociations, durant lesquelles certains pays ont refusé d’infléchir leur position d’un iota, que durant les journées de consultation de la société civile qui n’ont visiblement pas servi à grand-chose. Il ne reste donc plus aux ONG qu’à manifester pour alerter l’opinion publique: mercredi après-midi, une grande manifestation avait lieu dans le centre de Rio. A 40km du centre de conférences où sont tous les officiels. Encore raté pour le dialogue.