Le président des îles Maldives Mohamed Waheed a annoncé mercredi à Rio de Janeiro que son pays, un des plus directement touchés par le réchauffement climatique, deviendrait d'ici à cinq ans "le premier pays à devenir une réserve marine" et "la plus grande du monde".
Le président des îles Maldives Mohamed Waheed a annoncé mercredi à Rio de Janeiro que son pays, un des plus directement touchés par le réchauffement climatique, deviendrait d'ici à cinq ans "le premier pays à devenir une réserve marine" et "la plus grande du monde". - Sanka Vidanagama afp.com

© 2012 AFP

Le président des îles Maldives Mohamed Waheed a annoncé mercredi à Rio de Janeiro que son pays, un des plus directement touchés par le réchauffement climatique, deviendrait d'ici à cinq ans "le premier pays à devenir une réserve marine" et "la plus grande du monde".

Devant les 191 pays membres de l'ONU réunis pour le sommet Rio+20 pour le développement durable, le président Waheed a rappelé que son pays avait établi cette année "la première biosphère de l'Unesco" dans un de ses 20 atolls.

Les Maldives sont un ensemble de 1199 îles de l'Océan indien, dont 202 seulement sont habitées, situées à environ 450 kilomètres au sud de l'Inde. Les ilôts sont disséminés sur une superficie de 90.000 km2 et leur point le plus haut ne dépasse pas 3 mètres.

Il a annoncé que dans un "temps court", qui pourrait être "cinq ans", les Maldives seront "le premier pays à devenir une réserve marine", constituant ainsi la "plus grande réserve marine du monde".

Dans cette réserve, la pêche serait "durable et écologique, excluant les techniques détruisant la biosphère", a-t-il dit en référence à la pêche industrielle. "Les Maldives sont déjà un sanctuaire pour les requins, les tortues et de nombreuses espèces de poissons de l'Océan Indien", a-t-il rappelé. "Le commerce de ces espèces est interdit aux Maldives".

Sue Lieberman, sous-directrice de l'ONG américaine Pew Environment Group, a estimé que cette annonce était "très significative" et constituait "un grand engagement", le statut d'une réserve marine étant beaucoup plus contraignant que celui d'une zone protégée.

"Techniquement, il ne peut y avoir aucune extraction dans une réserve marine, il n'y a pas de pêche industrielle, pas de mine", a-t-elle indiqué à l'AFP. "C'est l'équivalent sur mer d'un parc national".

Selon elle, le président des Maldives semblait impliquer toute la zone économique exclusive de l'archipel, soit 200 miles nautiques autour des côtes.

"Les Maldives sont un petit ensemble d'îles, mais c'est un grand pays quand on compte leur océan", a-t-elle ajouté.

Cette annonce intervient une semaine après que l'Australie a fait savoir qu'elle allait créer le plus vaste réseau au monde de réserves naturelles marines, en érigeant des limites strictes sur la pêche et l'exploration pétrolière et gazière off-shore sur 3,1 millions de km2, soit plus d'un tiers des eaux territoriales australiennes.

Le président Waheed a souligné par ailleurs que son pays connaissait "ses défis les plus dramatiques et difficiles de son histoire", devant faire face à une forte progression de sa population et se trouvant dans une "transition difficile" vers la démocratie.

Il a lancé à la tribune un vibrant appel à la communauté internationale, pour "le droit à survivre", mais aussi "à prospérer".