Une extinction de la vie sauvage pourrait menacer des milliards d'être humains qui en dépendent pour leur nourriture et leur subsistance, selon un rapport sur la perte de la biodiversité présenté mardi à la conférence de l'ONU Rio+20.
Une extinction de la vie sauvage pourrait menacer des milliards d'être humains qui en dépendent pour leur nourriture et leur subsistance, selon un rapport sur la perte de la biodiversité présenté mardi à la conférence de l'ONU Rio+20. - Rodrigo Arangua afp.com

© 2012 AFP

Une extinction de la vie sauvage pourrait menacer des milliards d'être humains qui en dépendent pour leur nourriture et leur subsistance, selon un rapport sur la perte de la biodiversité présenté mardi à la conférence de l'ONU Rio+20.

Les experts ont présenté un tableau sombre de la biodiversité de la planète alors que les dirigeants du monde commençaient à arriver à Rio pour un sommet sur le développement durable.

Sur 63.837 espèces passées en revue, 19.817 courent le risque de subir le même sort que le dodo, cet oiseau de l'île Maurice devenu le symbole de l'extinction des espèces du fait de l'homme.

Sont menacées 41% des espèces amphibies, 33% des barrières de corail, 25% des mammifères, 20% des plantes et 13% des oiseaux, selon la Liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publiée tous les ans.

Beaucoup sont essentielles aux hommes, fournissant nourriture, travail et un réservoir génétique pour améliorer les récoltes et créer de nouveaux médicaments.

"Un signal d'alarme"

Ces résultats sont "un signal d'alarme pour que les dirigeants du monde réunis à Rio garantissent les réseaux vivants sur cette planète", a déclaré Julia Marton-Lefevre, directrice de l'IUCN.

"Quatre-vingt pour cent de nos apports en calories proviennent de douze espèces de plante", a souligné le professeur Stephen Hopper, directeur du jardin botanique de Kew, à Londres.

"Si nous nous soucions de ce que nous mangeons et des médicaments que nous utilisons, nous devons agir pour conserver les plantes médicinales et les parents sauvages de nos cultures", a-t-il dit.

La fameuse liste rouge examine en détail une petite fraction des espèces connues dans le monde afin d'établir un diagnostic de la santé de la biodiversité.

Les pays du monde entier s'étaient engagés en 2000 à freiner la perte des espèces dans un délai de dix ans, mais ils sont loin d'y être parvenus.

Après cet échec, ils ont établi "un plan stratégique pour la biodiversité" pour prévenir l'extinction des "espèces les plus connues". Sur les 63.837 espèces évaluées pour cette étude, 3.947 étaient dans une situation critique, 5.766 étaient en danger et 10.104 étaient vulnérables, soit un total de 19.817 espèces menacées.

Soixante-trois espèces ont disparu de la vie sauvage et 801 ont été totalement éliminées, comme le "ovate clubshell", un mollusque des rivières américaines.

La disparition des espèces est souvent le résultat d'une destruction de leur habitat. Mais des espèces envahissantes et, de plus en plus, les conséquences probables du réchauffement climatique sont aussi responsables.

Le rapport pointe du doigt l'exploitation outrancière des océans, des lacs et des rivières.

"Dans certaines régions du monde, jusqu'à 90% des populations côtières vivent de la pêche, mais la surpêche a réduit certains stocks de poisson de plus de 90 pour cent", a alerté l'IUCN, soulignant que 55% des barrières de corail, dont dépendent 275 millions de personnes pour leur subsistance, sont victimes de surpêche.

En Afrique, 27% des poissons d'eau douce sont maintenant menacés alors qu'en Asie, l'espèce connue comme le hareng du Mekong (Tenualosa thibaudeaui) est vulnérable. En Europe, 16% des papillons endémiques sont en danger, de même que 18% des chauve-souris dans le monde, en dépit de l'apport des insectes et des oiseaux à l'écosystème évalué à plus de 200 milliards de dollars par an.