Sommet de Rio+20: près d'une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement attendus

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Publié le 20 juin 2012.

RIO DE JANEIRO - 92 chefs d'Etat et de gouvernement se retrouvent mercredi dans l'enceinte du Riocentro, un vaste centre de congrès à 40 km de Rio, pour participer à Rio+20, sommet anniversaire de celui de la Terre qui, en 1992, commença à mettre le développement durable à l'agenda.

Le sommet commencera à 10h locales (13h00 GMT) en présence du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon. Comme la jeune Canadienne Severn il y a 20 ans, une jeune Néo-zélandaise de 17 ans, Brittany Trifold, dira quelques mots, avant que des responsables défilent pour des discours de quelques minutes à la tribune.

Dilma Rousseff, la présidente brésilienne, recevra à déjeuner tous les grands de ce monde. Les discours reprendront ensuite -58 au total pour la journée, dont celui du président français François Hollande. Juste après son intervention, ce sera la photo de famille.

Un message sera ensuite envoyé par un astronaute de la station spatiale internationale, avant que ne commencent des tables rondes "de haut niveau" où l'on discutera des moyens de mettre en oeuvre le développement durable dont on parle depuis une semaine à la conférence Rio+20. Un dîner de gala sera offert par les responsables brésiliens.

Ce n'est pas avant vendredi que devrait être paraphée, par les chefs d'Etat ou de gouvernement ou par leurs représentants, la déclaration finale du sommet, entérinée mardi par tous les délégués des Etats.

L'accord est intervenu à l'arraché, après des heures de négociations, d'aller-et-retour, de séances interrompues, de menaces feutrées et de discussions ardues. Il s'agissait de parvenir à un engagement de la communauté internationale en faveur d'un développement conciliant protection de l'environnement et éradication de la pauvreté.

Les Européens, fer de lance de la contestation finale, ont plusieurs fois joué leur va-tout, en s'opposant à un texte qui, selon eux, manquait d'ambition, et en fixant des lignes rouges au-delà desquelles ils n'iraient sous aucun prétexte.

La stratégie a payé, puisqu'ils ont obtenu un texte de compromis, pour eux nettement plus acceptable. Néanmoins, il apparaissait que personne n'était vraiment satisfait, sauf les Brésiliens, chargés de conduire les négociations. Antonio Patriota, ministre des affaires étrangères, affirmait que "l'esprit de Rio reste vivant 20 ans après" le Sommet de la Terre de 1992.

Ils s'étaient engagés à ce que le texte soit accepté au plus tard lundi dans la nuit. L'affaire était close mardi à midi, après moult interruptions de séance. Nombre de participants ont cependant regretté un texte faible, qui en restait largement aux formules vagues et molles.

Les ONG ont manifesté leur colère : "ce texte est nul!", lançait Pierre Radanne, qui dirige "Futur Facteur 4", un bureau d'études spécialisé dans l'environnement. Le mot échec était dans toutes les bouches : "Echec colossal", pour WWF, "échec épique", pour Greenpeace, "échec historique" pour CCFD-Terre Solidaire.

Les Européens n'étaient pas plus enthousiastes : un texte "faible", "décevant", lançait dans un tweet la Commissaire européenne chargée du Climat Connie Hedegaard. Pascal Canfin, ministre français du Dévelopement, admettait que les négociateurs de l'UE avaient "avait fait le maximum", tout en estimant que "ce n'est pas la feuille de route qu'on avait en tête".

L'Europe "aurait souhaité un texte plus ambitieux", résumait Nicole Bricq, ministre française de l'Ecologie. Sans enthousiasme, Peter Altmeier, ministre allemand de l'Environnement, a trouvé qu'au moins c'était mieux que la conférence sur le climat de Copenhague qui s'était conclue en 2009 sur un échec retentissant.

En revanche, le représentant américain chargé du changement climatique Todd Stern s'est félicité chaudement du résultat obtenu par la conférence. "Je pense qu'il s'agit d'un grand pas en avant", a-t-il dit aux journalistes. "Je pense que le résultat que nous avons atteint aujourd'hui nous aidera à avancer" vers un développement durable.

Parmi les grands de ce monde, on relèvera l'absence du président américain Barack Obama, représenté vendredi par la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, ainsi que celles du Premier ministre britannique David Cameron, de la chancelière allemande Angela Merkel et du président russe Vladimir Poutine.

Quant à François Hollande, il doit quitter le Brésil dans la soirée de mercredi.

© 2012 AFP
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