Pascal Canfin, ministre du Développement, et Nicole Bricq, ministre de l'Ecologie, le 19 juin 2012 au sommet Rio+20.
Pascal Canfin, ministre du Développement, et Nicole Bricq, ministre de l'Ecologie, le 19 juin 2012 au sommet Rio+20. - A.Chauvet - 20 Minutes

à Rio de Janeiro, Audrey Chauvet

Ouf. Les délégations respirent un peu. Après une très courte nuit, les négociateurs présents au sommet des Nations unies sur le développement durable à Rio ont fini par s’accorder sur un texte final qui sera signé mercredi par les chefs d’Etat ou leurs représentants. Malgré un net recul par rapport aux ambitions initiales, on a évité la catastrophe, assurent Pascal Canfin, ministre délégué au Développement, et Nicole Bricq, ministre de l’Ecologie.

Un enfant est né dans la nuit

Lors d’une conférence de presse organisée mardi en milieu de journée, les deux ministres, qui ont veillé lundi soir jusqu’aux petites heures du jour, se félicitaient d’avoir pu infléchir la situation avec l’appui de l’Union européenne. «Nous avons beaucoup bataillé pour obtenir un entretien formel avec le négociateur brésilien pour lui faire part de notre mécontentement, déclare Nicole Bricq. Et nous avons insisté dans la nuit pour faire avancer deux points: la gouvernance et les objectifs du développement durable.»

Si la création d’une Organisation mondiale de l’environnement n’est pas encore pour demain,  l’idée d’un «renforcement et d’un réhaussement du Programme des Nations unies pour l’environnement et la reconnaissance de son rôle comme autorité environnementale mondiale» a été approuvée, explique Nicole Bricq, notamment grâce à la «ténacité de la France qui a évité l’affaiblissement de cette autorité». Le Congo a proposé de «donner un nom à l’enfant qui était né»: l’idée d’une «Organisation des Nations unies pour l’environnement»  sera soumise aux chefs d’Etat.

«L’ambition initiale n’y est pas»

Nicole Bricq se réjouit également que «le passage sur les océans n’ait pas disparu du texte final», ainsi que le chapitre social. Pour Pascal Canfin, la progression est visible dans la participation de la société civile aux activités du Programme des Nations unies pour le développement, où elle sera «participant actif et non plus observateur», ainsi que de l’avancée dans l’idée des «financements innovants», dont la taxe sur les transactions financières qui est présente dans le texte «avec une forme plus ambitieuse que ce qu’on peut lire au G20».

Mais le texte reste néanmoins très réduit par rapport au projet original. Le secrétaire général du sommet le reconnaît: «Comme toutes les négociations, certains pays pourront trouver qu’il n’est pas assez ambitieux. D’autres que leur point de vue n’est pas bien reflété. Mais soyons clairs, les négociations nécessitent de prendre et de laisser.» «L’ambition initiale n’y est pas, reconnaît Nicole Bricq, mais le texte marque néanmoins un jalon et permettra d’avancer encore dans périodes plus fastes.»

Alors que les ONG ont vigoureusement critiqué le projet de texte, Greenpeace parlant d'«échec épique» et le WWF de «déception significative», Pascal Canfin tempère: «On a évité que Rio+20 se transforme en Rio moins 20.»