L'ONU reste un forum plus démocratique que le G20 ou le Fonds Monétaire International (FMI), mais il faut la libérer de l'influence des multinationales: l'appel est lancé mardi par la fédération "Les Amis de la Terre", à la veille de l'ouverture du sommet Rio+20.
L'ONU reste un forum plus démocratique que le G20 ou le Fonds Monétaire International (FMI), mais il faut la libérer de l'influence des multinationales: l'appel est lancé mardi par la fédération "Les Amis de la Terre", à la veille de l'ouverture du sommet Rio+20. - Vanderlei Almeida afp.com

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L'ONU reste un forum plus démocratique que le G20 ou le Fonds Monétaire International (FMI), mais il faut la libérer de l'influence des multinationales: l'appel est lancé mardi par la fédération "Les Amis de la Terre", à la veille de l'ouverture du sommet Rio+20.

Dans un rapport intitulé "Libérons l'ONU de l'influence des multinationales", la fédération qui revendique 2 millions de membres dans le monde explique, exemples à l'appui, comment les lobbies industriels réussissent à imposer leurs intérêts au sein de ce forum de 193 Etats membres.

La crise économique aidant, les agences de l'ONU sont de plus en plus "dépendantes d'un financement par le secteur privé", souligne le rapport. "Les multinationales - dont certaines connues pour leur histoire de violation des droits de l'Homme et de pollution environnementale, Dow Chemicals, Coca Cola, Shell, Exxon et Rio Tinto - apparaissent comme les principaux financiers" de programmes montés par l'ONU ou en partenariat avec ses agences. "C'est devenu une norme et ce n'est plus une exception", constate le rapport.

Le document cite l'exemple récent du "rôle crucial" joué par un responsable de haut rang de la Deutsche Bank dans le projet de rapport sur "l'économie verte" publié par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) en amont du Sommet de Rio+20. Ce rapport est construit "sur une approche fondée sur les intérêts du marché" au détriment du développement durable, selon "Les amis de la Terre".

D'autres initiatives lancées par l'ONU, comme celle de l'énergie durable pour tous proposée en novembre 2011 par le secrétaire général Ban Ki-moon, ou encore la Convention sur la biodiversité, sont "de plus en plus dirigées vers une approche de marché défendue par les acteurs issus du monde des affaires".

Ces projets "offrent en fait une occasion rêvée aux entreprises d'influencer les politiques en cours d'élaboration et de protéger leurs intérêts propres, c'est à dire non pas la conservation de la nature mais de s'assurer un accès sécurisé aux ressources naturelles". Les auteurs notent également que les lobbies industriels s'assurent ainsi que leur modèle économique ne sera pas menacé par de nouvelles réglementations environnementales qui feraient exploser les coûts.

De même, les auteurs dénoncent les liens "très étroits" entre la Fondation Bill et Melinda Gates avec des multinationales comme Monsanto, géant des cultures OGM (Organisme génétiquement modifié), alors qu'elle soutient massivement financièrement les programmes onusiens visant à résoudre la crise alimentaire des pays en développement.