L'ONU a lancé dimanche un nouvel indice vert mesurant non seulement la richesse économique mais aussi le capital naturel, qui fait apparaître que les grands pays émergents et les Etats-Unis ont été les Etats ayant provoqué le plus de dégâts à la nature au cours des vingt dernières années.
L'ONU a lancé dimanche un nouvel indice vert mesurant non seulement la richesse économique mais aussi le capital naturel, qui fait apparaître que les grands pays émergents et les Etats-Unis ont été les Etats ayant provoqué le plus de dégâts à la nature au cours des vingt dernières années.

© 2012 AFP

L'ONU a lancé dimanche un nouvel indice vert mesurant non seulement la richesse économique mais aussi le capital naturel, qui fait apparaître que les grands pays émergents et les Etats-Unis ont été les Etats ayant provoqué le plus de dégâts à la nature au cours des vingt dernières années.

Présenté à l'occasion de la conférence sur le développement durable Rio+20 par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), ce PIB vert --"indice de richesse globale" (inclusive wealth index, IWI en anglais)-- veut tenir compte de "toutes les composantes de la richesse dans un pays" et de leur évolution dans le temps, souligne le PNUE dans son rapport.

Il s'agit de fournir ainsi "le véritable état de la richesse du pays et la durabilité de sa croissance", alors que le Produit intérieur brut (PIB) et l'Indice de développement humain (IDH) ne tiennent compte que "du court terme". L'IDH est calculé à partir de l'espérance de vie, du niveau d'éducation et du niveau de vie.

L'IWI fait apparaître que les hausses du PIB et de l'IDH se font souvent au détriment du capital naturel, et que les pays dont la croissance est la plus élevée sont aussi ceux dont les ressources naturelles connaissent une dégradation rapide.

"Rio+20 est une occasion de revenir sur le PIB comme mesure de prospérité au XXIe siècle (...), beaucoup trop silencieux sur les mesures principales de bien-être humain, à savoir les problèmes sociaux et l'état des ressources naturelles du pays", a affirmé le directeur général du PNUE Achim Steiner.

Ce nouvel indice "nous impose de revoir nos besoins et nos objectifs", a estimé Anantha Duraiappah, qui a dirigé ce rapport.

Ce document analyse la situation dans vingt pays, représentant 56% de la population mondiale et 72% du PIB, sur la période 1990 à 2008 : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Australie, Brésil, Canada, Chili, Chine, Colombie, Equateur, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Inde, Japon, Kenya, Nigeria, Norvège, Russie et Venezuela.

Une palette qui intègre tous les niveaux de revenus, avec des pays dont le capital naturel --comme le pétrole, les minerais et les forêts-- est particulièrement important pour le niveau de production.

Sur cette période, le PIB a augmenté de 422% en Chine, de 37% aux Etats-Unis, de 31% au Brésil et de 24% en Afrique du Sud. Vu sous le prisme du nouvel indice, l'économie chinoise reste la plus performante mais n'augmente plus que de 45%, celle du Brésil de 18% et celle des Etats-Unis de 13%. Celle de l'Afrique du Sud baisse de 1%.

Une situation qui s'explique par la destruction du capital naturel qui a fondu de 17% en Chine en près de 20 ans, de 20% aux Etats-Unis, de 33% en Afrique du Sud et de 25% au Brésil. Le Japon est le seul des 20 pays qui a augmenté son capital naturel, du fait du développement de ses forêts, la France a connu une quasi stabilité.

Le capital naturel inclut aussi bien les ressources renouvelables que non renouvelables, comme les combustibles fossiles, les forêts ou les réserves de pêche. De façon quasi générale, plus la population augmente, plus l'indice est bas, relève le rapport.

L'Allemagne et la France, respectivement au 13e et 14e rang pour le PIB par tête et au 10e et 9e rang pour l'IDH, font beaucoup mieux pour l'IWI par tête, se classant respectivement aux 2e et 3e places. Les Etats-Unis, 9e pour le PIB par tête et 19e pour l'IDH, sont 10e pour l'IWI par tête.

L'IWI devrait être revu tous les deux ans, et son domaine de couverture devrait être élargi pour servir d'outil de référence aux hommes politiques.