Rio+20: Les enjeux du sommet de la Terre

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Publié le 12 juin 2012.

DECRYPTAGE - Economie verte et gouvernance, des mots à définir et à mettre en œuvre...

Environ 50.000 personnes, délégations officielles, chefs d’Etat, médias et associations, sont attendus à Rio la semaine prochaine. Tout ça pour quoi? Pour un sommet sur le «développement durable» qui risque de ne pas passionner les foules. Pourtant, il pourrait marquer un tournant dans la manière de traiter les questions environnementales dans le monde.

L’économie verte, un concept à définir

Thème principal du sommet, l’économie verte n’a pas encore été clairement décrite et chacun espère imposer sa définition. Entre les grandes entreprises qui cherchent à verdir, plus ou moins artificiellement, leurs activités, les pays émergents qui ne veulent pas renoncer au moindre demi-point de croissance sous prétexte de préserver l’environnement, et les pays développés qui ne montrent pas vraiment l’exemple, remplacer le terme galvaudé de «développement durable» par «économie verte» arrangerait beaucoup de monde.

Lancée par les Nations unies pour faire passer la pilule de l’environnement en période de crise économique, l’économie verte rencontre de nombreux opposants parmi les ONG, qui dénoncent une «financiarisation de la nature». Nul doute que ce concept encore flou cristallisera les différends à Rio. D’autant plus que le sommet du G20, qui se déroulera quelques jours avant au Mexique, aura pour thème la «croissance verte». Les associations redoutent déjà que les grands pays se mettent d’accord entre eux sur leur définition de l’économie verte, puis viennent à Rio imposer leur vision.

Vers une Organisation mondiale de l’environnement

Autre sujet qui sera au cœur des débats, la gouvernance  du développement durable. En clair, qui peut obliger qui à faire quoi. Pour le moment, les conventions des Nations unies sur le changement climatique ou sur la biodiversité vivent leur vie indépendamment. Le Programme des Nations unies pour l’environnement ou celui pour le développement aussi. L’idée de créer une Organisation mondiale de l’environnement permettrait de centraliser en un même endroit toutes ces structures et pourrait devenir une force comparable à l’OMC. La France est un des plus ardents défenseurs de cette OME, comme l’a rappelé François Hollande lors d’un discours en amont de Rio+20.

Rio+20 marque néanmoins un premier changement dans la méthode de négociations sur l’environnement: en amont du sommet officiel, trois journées ont été organisées pour permettre aux associations et membres de la société civile de donner leur avis sur le projet de déclaration finale. Baptisés «sandwich days», ils devraient permettre d’apporter des «recommandations» aux négociateurs officiels sur les sujets les plus sensibles. 

Une feuille de route âprement négociée

Concrètement, au-delà des débats qui se tiendront à Rio, seule une feuille de route sortira du sommet. Négociée depuis déjà plusieurs mois aux Nations unies, notamment sous l’égide de Brice Lalonde, elle comprendra une dizaine de chapitres qui regrouperont les engagements pour l’avenir. Ceux-ci pourraient remplacer, en 2015, les Objectifs du millénaire pour le développement qui arriveront à échéance. Restera ensuite à trouver des financements, à engager tous les pays à atteindre ces objectifs, et à ne pas les laisser sur le bord de la route à cause de la crise économique. 

Audrey Chauvet
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