Vue aerienne de la foret amazonienne en Guyane.
Vue aerienne de la foret amazonienne en Guyane. - MEIGNEUX/SIPA

Mariam Chfiri

A la veille du Rio+20, quelles solutions proposent les acteurs politiques de ces régions pour inverser la tendance? 

A eux trois, ils représentent 80% des forêts tropicales de la Terre. Les bassins forestiers de l’Amazonie, du Mékong et du Congo sont de véritables poumons pour notre planète, mais les abattages d’arbres abusifs qu’ils subissent mettent en grande difficulté à la fois la biodiversité et les populations locales qui se nourrissent, se protègent et se soignent grâce à eux.

Une coopération «Sud Sud»

Pour parler d’une seule et même voix, la République du Congo a non seulement été chargée de représenter l’Afrique lors du Rio+20, mais aussi de réunir les pays des deux autres bassins, l’Amazonie et le Bornéo-Mékong, autour des thématiques majeures de l’économie verte et du développement durable.

Les  représentants ont réussi à trouver un accord qui proposera de nouvelles mesures pour mettre en place  une coopération «Sud Sud» et échanger ainsi expériences et conseils pour éradiquer les menaces qui pèsent sur les trois bassins. C’est une déclaration commune qu’ils présenteront au Rio+ 20 dans laquelle on peut trouver:

- les demandes de mise en œuvre des accords de Copenhague et de Cancun, notamment sur la création d’un Fond Vert

- l’engagement des pays développés à allouer 0,7% du PIB à l’aide au développement,

- ou encore la nécessité d’une coopération internationale pour un passage à l’économie verte.

Leur objectif est qu’au travers d’une plateforme d’échange, les solutions pour protéger les forêts profitent aussi aux autres Pays en Développement.  Ce sont des initiatives nécessaires et louables, qui pourtant ne freinent toujours pas les déforestations abusives.

Ainsi en RDC, Greenpeace sonne l’alarme au sujet de titres forestiers cédés à des exploitations industrielles qui mettraient en danger plus de 25 millions d’hectares de forêt à long terme.

Trois poumons en souffrance

Le bassin forestier d’Amazonie, surement le plus connu, s’étend sur 6 millions de km², et ses 600.000 espèces végétales différentes en font le réservoir le plus important en terme de biodiversité. Dans cette zone, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que la perte nette de forêts a été la plus élevée de 2000 à 2005 (environ 4,3 millions d’hectares par an).

Le bassin du Congo est situé à cheval sur l’Équateur. Avec ses 3 millions de km2, il couvre onze pays, ce qui en fait le deuxième bassin le plus grand au monde. Les principales menaces sur ce second poumon seraient l’agriculture et l’exploitation du bois de chauffe.

Enfin, il y a encore celui du Bornéo-Mékong, en Asie du Sud Est,  qui lui est menacé par l’expansion de l’exploitation de l’huile de palme.

Mais à Rio, les gouvernements et les institutions politiques ne consacreront que deux jours à une situation environnementale plus qu’alarmante. On sait déjà qu’il n’y aura pas de nouveau traité.  Heureusement, les ONG et les scientifiques, présents sur la scène internationale, défendront et protégeront notre patrimoine écologique. Sans oublier les acteurs locaux qui seront eux, sans l’ombre d’un doute, les héros de demain.

Rio+20: Rencontre avec Bruno Witvoet, Président d’Unilever France