Usine de recyclage de Hewlett-Packard: les plastiques sont séparés des métaux.
Usine de recyclage de Hewlett-Packard: les plastiques sont séparés des métaux. - AFP PHOTO/ Robyn BECK

Audrey Chauvet

Pour les entreprises, développement durable se traduit souvent par pérennité de leur activité. Confrontées à la raréfaction des énergies fossiles, à la volatilité des prix des matières premières et à la concurrence des pays émergents, les groupes commercialisant des produits de grande consommation ont tout intérêt à changer leur fusil d’épaule en adoptant une démarche «durable». C’est pour les conseiller sur la stratégie à adopter dans ce nouveau contexte que le cabinet Accenture a publié un rapport sur l’impact environnemental de la croissance de la consommation.

«La croissance économique est souhaitable d’un point de vue social, mais il faut la découpler de la consommation de ressources naturelles», commente Bruno Berthon, responsable des services développement durable chez Accenture. Pour cela, les entreprises doivent innover, changer leurs process et proposer des produits «durables», même si pour l’instant ces derniers sont plutôt une source de coûts: «Les produits et services durables sont produits en plus petite série, donc reviennent plus chers et au final ne touchent qu’une clientèle spécifique», analyse Bruno Berthon.

Convaincre les marchés et séduire les consommateurs

Exemple typique: les voitures électriques, pour lesquelles l’autre obstacle réside dans l’absence de points de recharge. «Le rôle des gouvernements et de la réglementation est de favoriser des standards durables», à l’image des critères instaurés pour l’électroménager, illustre Bruno Berthon. Faute de quoi il sera difficile aux entreprises de convaincre les investisseurs et les marchés d’une démarche pas toujours rentable à court terme.

Face à une demande encore «latente» des consommateurs, pour lesquels la durabilité d’un produit reste secondaire par rapport au prix dans les choix d’achat, les entreprises cherchent de nouveaux moyens de s’organiser et de communiquer pour que leurs nouvelles contraintes d’approvisionnement ou d’énergie se transforment en opportunités. Et l’enjeu est de taille: Accenture estime que le développement d’une consommation «raisonnée» permettrait d’économiser 2.000 milliards de dollars d’ici à 2030.