En mai 2011, la France se plaignait de la sécheresse. Un an après, à l'instar des violents orages qui ont frappé Nancy lundi, elle connaît un mois de mai arrosé dans la lignée d'avril qui a été l'un des plus humides depuis plus de 50 ans.
En mai 2011, la France se plaignait de la sécheresse. Un an après, à l'instar des violents orages qui ont frappé Nancy lundi, elle connaît un mois de mai arrosé dans la lignée d'avril qui a été l'un des plus humides depuis plus de 50 ans.

© 2012 AFP

En mai 2011, la France se plaignait de la sécheresse. Un an après, à l'instar des violents orages qui ont frappé Nancy lundi, elle connaît un mois de mai arrosé dans la lignée d'avril qui a été l'un des plus humides depuis plus de 50 ans.

"Il est tombé 103 mm d'eau en 24 heures, près de 5 cm en une heure à Nancy lundi, un record depuis le 9 juin 1953", explique à l'AFP Olivier Proust, prévisionniste à Météo France.

Après avril qui est entré dans l'histoire de la météorologie comme le 5e mois d'avril le plus pluvieux depuis 1959, le mois de mai suit sa trace.

"Je ne peux pas encore donner de bilan du mois de mai, mais on peut dire qu'il est parti sur le même registre que le mois d'avril", souligne le prévisionniste ajoutant que mai est généralement plus pluvieux qu'avril.

L'orage exceptionnel qui s'est abattu dans la nuit de lundi à mardi sur Nancy provoquant des crues nécessitant des centaines d'interventions des pompiers, s'explique par la présence d'une dépression située sur le sud de l'Allemagne avec un enroulement d'air doux en basses couches en Lorraine.

"Si l'on observe la structure des vents en verticale, de la basse couche jusqu'en altitude, il y avait des conditions propices à ce que les pluies s'auto-alimentent sur place et mettent longtemps à se déplacer, et donc cela a donné lieu à des précipitations longues et intenses", ajoute Olivier Proust.

Certes, souligne-t-il, on remarque surtout les orages violents lorsque cela se produit dans des zones urbaines car les sols n'arrivent pas à drainer de grandes quantités de précipitations.

Et puis l'idée que les gros orages sont réservés à la période estivale ne tient pas selon l'expert de Météo France :"on peut obtenir des records de précipitations sous les orages les plus forts dès la mi-mai".

Cela s'explique également par les mouvements de masses d'air froides et chaudes. "Même s'il y a un potentiel de réchauffement en journée moindre que durant l'été, on a encore des circulations en altitude qui font arriver des masses d'air très froides et le contraste est particulièrement fort entre les basses couches et celles d'altitude ce qui peut provoquer des orages violents", indique-t-il.

Quant à la météo des prochains jours, "on va garder de l'instabilité sur l'Est, de Nice à l'Alsace, et avoir une amélioration par l'Ouest", selon le prévisionniste.

Comparée au mois de mai il y a un an, "c'est le jour et la nuit", rappelle l'expert. Mai 2011 avait été marqué par un temps très chaud et très sec.

"Au niveau des températures pour les 20 premiers jours de mai sur une petite moitié nord-ouest, on a déjà un signal faible qu'on est en-dessous des normales de saison", ajoute-t-il.

Depuis le début du mois, le thermomètre est resté le plus souvent en dessous des 22 degrés.

Côté déficit pluviométrique, 77% des nappes phréatiques affichaient toujours un niveau inférieur à la normale début mai, mais avec une tendance à l'amélioration pour 35% et une stabilité pour 40%. Seuls 25% des bassins aquifères présentaient des niveaux encore en baisse, selon les relevés du BRGM.

Les nappes phréatiques se remplissent pendant l'automne et l'hiver et les précipitations d'avril et de mai sont captées en grande partie par la végétation en croissance et l'évaporation qui commence à être plus importante que pendant l'hiver.