Un dirigeable pour suivre les nuages de pollution

ENVIRONNEMENT Des chercheurs du CNRS vont embarquer à bord d'un dirigeable pour étudier les liens entre climat et pollution atmosphérique...

Audrey Chauvet

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Paris dans un nuage de pollution, le 26 mars 2012.

Paris dans un nuage de pollution, le 26 mars 2012. — DUCLOS/SIPA

Ils vont suivre les particules fines à la trace. Grâce à un ballon dirigeable, des scientifiques vont survoler l’Europe pendant vingt semaines pour collecter des données sur la pollution de l’air et en étudier les impacts sur le changement climatique. Parti le 4 mai d’Allemagne vers la Finlande pour étudier les phénomènes de pollution au-dessus des grandes forêts, le dirigeable survolera seize pays dont la France: après une campagne de mesures intensive dans la vallée italienne du Pô, le zeppelin passera au-dessus de la Côte d’Azur avant de remonter la vallée du Rhône et de faire une halte à Lyon en juillet.

Au cœur du panache de pollution

«L’avantage du dirigeable, c’est qu’il permet de se mettre dans un panache de pollution et de le suivre dans le temps pour comprendre comment évoluent ses paramètres», explique Christian George, chercheur au CNRS et responsable des études en laboratoire dans le cadre du projet. «Nous cherchons à savoir ce qui se passe pendant le transport de la pollution: comment les aérosols se déplacent et quelle est la capacité d’autoépuration de l’atmosphère, par exemple.»

Chargé d’instruments de mesure, le dirigeable aura à son bord deux pilotes et deux ou trois scientifiques qui collecteront une masse de données chiffrées que les laboratoires pourront ensuite exploiter pour étudier les liens entre la pollution atmosphérique et le climat. «Nous allons développer des modélisations qui permettront de faire des scénarios pour le futur.  Si les émissions de polluants changent à cause d’un moindre couvert végétal, de villes de plus en plus grandes ou de régulations plus restrictives sur le soufre, les particules fines ou les oxydes d’azote, cela pourrait  avoir un impact sur la couverture nuageuse, donc l’albedo et le climat en conséquence», précise Christian George.

L’étude s’inscrit dans le cadre du projet européen Pegasos, regroupant 26 instituts de recherche. Les premières données seront disponibles fin 2012, lors du retour du dirigeable en Allemagne.  Les résultats finaux sont prévus dans trois ans.

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