La 1ere pénichette de particulier électrique et 100% propre est mise à l'eau

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Gladys, première pénichette française de particulier totalement autonome et écologique, a été mise à l'eau vendredi sur le Canal du Midi à Toulouse, a constaté un journaliste de l'AFP.

Gladys, première pénichette française de particulier totalement autonome et écologique, a été mise à l'eau vendredi sur le Canal du Midi à Toulouse, a constaté un journaliste de l'AFP. — Pascal Pavani afp.com

Gladys, première pénichette française de particulier totalement autonome et écologique, a été mise à l'eau ce vendredi sur le Canal du Midi à Toulouse, a constaté un journaliste de l'AFP. Voulu par un jeune retraité toulousain de 63 ans, Jean-Alain Sarrado, le bateau est propulsé par l'énergie solaire et ne rejette aucune eau usée.

Son coût constitue toutefois un obstacle de taille à une expansion rapide de ce type d'engin: 170.000 euros, soit 70.000 euros de plus qu'une pénichette standard équivalente, à propulsion diesel et rejetant ses eaux usées dans le canal. «On a fait du sur mesure. Il faudrait une standardisation, mais cela prendra encore quatre à cinq ans», estime l'architecte naval Claude Philippe, patron du petit chantier CNA de Quimperlé (Finistère) qui produit depuis 29 ans environ cinq bateaux par an avec cinq salariés et qui a construit Gladys.

Un procédé finlandais pour les toilettes

Claude Philippe n'est pas tenté lui-même par le saut dans l'industrialisation. Il faudra donc sans doute encore longtemps pour que les grandes flottes des loueurs de pénichettes fluviales s'équipent d'unités aussi sophistiquées, alors que quelques péniches ou bateaubus à moteur électrique naviguent déjà, ou s'apprêtent à le faire, telle la grosse gabarre qui doit promener cet été les touristes sur le Lot autour de Puy-Lévêque (Lot-et-Garonne).

Jean-Alain Serrado n'en a cure, lui qui a baptisé son bateau du nom de Sainte Gladys, fêtée le jour où cet animateur socioculturel de la mairie de Toulouse a pris sa retraite, le 29 mars 2011. Jean-Alain Serrado dit «pratiquer le développement durable depuis 40 ans», mais n'a pas de projet de valorisation de son idée.

«J'y ai mis mes économies, c'est ma plus belle danseuse, c'est ma maison, un T2 de 44 m2. Je voulais l'autonomie électrique, je voulais rendre au canal une eau plus propre que celle que je pomperais, je cherchais un produit totalement français», déclare-t-il, au moment où un camion-grue dépose délicatement sur le bassin la pénichette de 15 mètres sur 4, et de 12 tonnes. Gladys n'est française «qu'à 95%», admet-il. Pour les toilettes, il a recouru au procédé du finlandais Villa qui «déshydrate les matières et permet de les stocker plus de quatre mois sans nuisance avant de les mettre à la poubelle ou les destiner aux engrais».

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