Paysage de montagne au printemps dans le Jura.
Paysage de montagne au printemps dans le Jura. - BAUDET JEAN-MARC/SIPA

Audrey Chauvet

Même si la météo des dernières semaines n’est pas franchement printanière, le changement climatique pourrait avancer la date de floraison des plantes et l’arrivée du printemps. Selon des scientifiques,  chaque degré supplémentaire en moyenne sur l’année ferait éclore les bourgeons cinq à six jours plus tôt que par le passé.

1.634 plantes étudiées sur quatre continents

Selon l’étude publiée dans le journal Nature, les plantes pourraient même se revêtir de feuilles quatre fois plus rapidement qu’avant, et les fleurs s’ouvrir huit fois plus vite. La période de référence court depuis 1875, quand les premiers relevés systématiques des dates de floraison ont été faits en Grande-Bretagne.  Dernièrement, les nombreux programmes de sciences participatives ont permis d’établir des dates moyennes selon les régions et les espèces de plantes.

En étudiant 1.634 plantes sur quatre continents, l’équipe de l’université de Vancouver a constaté «des données très cohérentes qui suggèrent que pour chaque degré de plus, nous allons vers un gain de cinq à six jours de printemps», explique Elizabeth Wolkovich, biologiste. Toutefois, d’autres facteurs, comme les précipitations, influencent les plantes et les scientifiques ont encore besoin d’affiner leurs études pour déterminer quel impact aura réellement le changement climatique sur les saisons.

«Les impacts seront plus grands que ce que nous croyions, explique This Rutishauser, de l’université de Berne. Nous allons avoir beaucoup de travail pour réviser nos estimations, particulièrement pour les productions alimentaires.» Sans compter les effets collatéraux, notamment sur l’eau: les plantes en auront plus besoin, mais les ressources risquent de se raréfier. Un printemps précoce ne serait donc pas forcément une bonne nouvelle pour la planète.