Pollution atmosphérique à La Nouvelle Orléans, en août 2011.
Pollution atmosphérique à La Nouvelle Orléans, en août 2011. - VARLEY/SIPA

Audrey Chauvet

Et si la pollution de l’air nous protégeait du réchauffement climatique? Selon des scientifiques américains de l’Harvard school of engineering and applied sciences (SEAS), la pollution sur l’est des Etats-Unis aurait créé un «trou de chaleur» qui aurait freiné les effets du réchauffement climatique. Leur étude, publiée par le journal Atmospheric Chemistry and Physics, pourrait tomber à pic pour les pays émergents qui sont de gros émetteurs de gaz à effet de serre et n’ont pas encore mis en place de limitation des émissions de particules.

La pollution renvoie les rayons du soleil

«Nous avons montré que la pollution due à des particules a ralenti le réchauffement prévu au regard des émissions de gaz à effet de serre», explique Eric Leibensperger, un des auteurs de l’étude. Entre 1906 et 2005, les températures moyennes aux Etats-Unis ont augmenté de 0,8°C, tandis que dans le «trou» elles ont baissé d’environ 1°C entre 1930 et 1990.

Les particules, en créant un filtre qui renvoie les rayons du soleil, évite que les températures ne montent mais leur durée de vie dans l’atmosphère n’est que d’une semaine environ, tandis que les gaz à effet de serre peuvent vivre plus de cent ans. Par un phénomène de «nucléation», l’effet des particules en suspension est également amplifié par les gouttelettes tombées des nuages, qui jouent comme un miroir pour les rayons du soleil.

La Chine pourrait se réchauffer rapidement

«Pour protéger la santé humaine et réduire les pluies acides, les émissions de particules ont été réduites dans cette région, ce qui a causé un réchauffement qui a ramené la région dans la moyenne nationale», poursuit Eric Leibensperger. Ainsi, depuis que des mesures contre la pollution ont été mises en place dans les années 1980, l’effet de refroidissement s’est limité à une baisse de 0,3°C.

«La même chose pourrait se passer en Chine, qui commence seulement à instaurer des limites de pollution», explique Loretta J. Mickley, qui a participé à cette étude. Cela pourrait entraîner de sérieux changements climatiques. Nous ne suggérons pas qu’il faut arrêter de lutter contre la pollution, mais il est important de comprendre l’effet que de terres mesures peuvent avoir sur le climat d’une région.»