Public et animaux en danger dans les zoos français?

ANIMAUX Selon une étude de l'association Born Free, les conditions de vie des animaux et la sécurité du public pourrait être améliorée dans les zoos français...

Audrey Chauvet

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Un ours polaire dans un bassin de Marineland, à Antibes.

Un ours polaire dans un bassin de Marineland, à Antibes. — BEBERT BRUNO/SIPA

Zoo de Beauval, Marineland d’Antibes, Océarium du Croisic ou parc zoologique de Fréjus… 25 zoos français, sélectionnés au hasard sur les quelque 900 parcs français, ont été passés au peigne fin par la fondation Born Free, spécialisée dans la conservation des espèces sauvages. Selon l’étude Zoo Inquiry 2012, les parcs français n’agissent pas assez en faveur des espèces menacées et les conditions de vie des animaux ne sont pas satisfaisantes dans un tiers d’entre eux.

Ainsi, dans les 25 zoos étudiés, seulement 17% des animaux observés étaient membres d’espèces menacées et uniquement onze parcs avaient contribué aux programmes de conservation dans les pays d’origine des animaux. «Les zoos français ne sensibilisent globalement pas le public de façon adéquate sur la conservation de la biodiversité», juge Born free.

Risques de blessure

Les zoos semblent également manquer de rigueur sur la sécurité et le bien-être animal. «Cinq zoos avaient des animaux en liberté dont des oiseaux d’eau, des paons et des lapins domestiques et le zoo des Sables d’Olonne avait des singes écureuils de Bolivie en liberté». Or, ces animaux sont inscrits comme des espèces exotiques envahissantes selon les critères européens, et doivent être circonscrits dans un périmètre évitant toute évasion.

Pour éviter les transmissions de maladies entre humains et animaux, les zoos ne semblent pas avoir mis en œuvre toutes les précautions nécessaires: «Parmi les 16 zoos qui encourageaient le contact avec les animaux, un seul semblait avoir affiché des avertissements demandant au public de se laver les mains après le contact. L’établissement Marineland d’Antibes permettait au public de toucher des dauphins et des otaries, inscrites dans la liste des espèces «dangereuses». Le Zoo de la Flèche et l’Aquarium du Périgord noir encourageaient le public à tenir des serpents et d’autres reptiles. De plus, au Zoo de la Flèche, le public pouvait nourrir des manchots de Humbolt mais à aucun moment ne lui a-t-on demandé de se laver les mains», déplore la fondation. Dans cinq zoos le public était même exposé à des blessures.

Des enclos trop étroits

Enfin, si les animaux sont globalement bien traités, ils pourraient être plus à l’aise dans leurs enclos. «On a observé qu’un grand nombre d’enclos n’offraient pas les caractéristiques appropriées pour permettre aux animaux d’exprimer leurs comportements naturels. Par exemple, un sol en ciment dans un enclos pour les porcs-épics à crête au parc zoologique du Bois d’Attilly les empêchait de creuser et un enclos du zoo de Beauval n’était pas de taille suffisante pour permettre aux otaries de Californie de nager et de plonger correctement», illustre Born Free.

L’étude de Born Free a permis d’observer 1.155 espèces dans 1.372 enclos en France et est menée annuellement sur un nouveau panel de parcs dans une vingtaine de pays.

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