Anke Damske créé des vêtements à base de fibre de lait.
Anke Damske créé des vêtements à base de fibre de lait. - ©QMilch ? Jannes Frubel ? Anny CK Photography

Julia Mahaffey

Quel processus permet le voyage du pis de la vache à nos armoires? D’abord, le lait est travaillé: on élimine ses impuretés, on le déshydrate et on l’écrème pour supprimer les matières grasses. Sous l’action de la chaleur, la protéine qui reste est condensée et transformée en fibres.

Le résultat n’est pas un tissu poisseux qui fleure l’étable. Il rappelle une soie classique ultra-résistante, dotée de propriétés antistatiques et antibactériennes, la fibre de lait ayant la particularité d’associer les avantages des fibres naturelles et ceux des fibres synthétiques.

Elle est fabriquée à partir d’une matière première naturelle (la protéine du lait, c’est-à-dire la caséine) obtenue sans pesticides : qualité confirmée par la certification Oeko-Tex® 100, l’organisme qui contrôle la présence de substances nocives dans les textiles.

Ecolo ou pas?

Plusieurs marques se sont déjà lancées dans l’aventure lactée. La pionnière: Mademoiselle Chi Chi, développée par l’Allemande Anke Domaske à partir de sa propre fibre QMilch. Elle a réinventé le concept de la fibre de lait qui existait déjà, mais dont la production était très polluante.

Le bémol: cela reste un produit de l’élevage industriel, avec un impact qui est loin d’être négligeable sur la santé et l’environnement, le bien-être animal, l’utilisation des ressources en eau et céréales… Cela dit, le lait employé dans l’industrie textile serait de qualité inférieure à celui que l’on boit, donc jeté si on ne lui trouvait pas une autre utilisation.

En attendant que cette innovation se révèle durable ou non, on en aime l’inventivité. À quand les escarpins en chocolat ou les sacs à main en pissenlit?

Glamour, le lait!