L'OCDE s'inquiète des conséquences de la croissance économique sur l'environnement

ETUDE L'organisation alerte sur les coûts de l'inaction...

Audrey Chauvet

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Certaines des principales puissances, comme la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Italie, devraient connaître un ralentissement de leur croissance, selon des indicateurs avancés publiés lundi par l'OCDE, qui regroupe les pays les plus riches de la planète.

Certaines des principales puissances, comme la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Italie, devraient connaître un ralentissement de leur croissance, selon des indicateurs avancés publiés lundi par l'OCDE, qui regroupe les pays les plus riches de la planète. — Eric Piermont AFP/Archives

A quoi ressemblera l’environnement en 2050? A cette question posée de longue date par les associations écologistes, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) vient d’apporter une réponse peu rassurante: avec neuf milliards d’habitants et une demande croissante en énergie et ressources naturelles, la planète pourrait bien être à bout de souffle. Dans un rapport publié en mars, l’OCDE affirme que «faute de nouvelles politiques, les progrès réalisés pour réduire les pressions sur l’environnement ne suffiront pas à compenser les impacts liés à la croissance économique».

3,6 millions de décès prématurés à cause de la pollution atmosphérique

En imaginant que les tendances actuelles, économiques, démographiques, énergétiques, se poursuivent, l’OCDE dresse le tableau des perturbations du climat, de l’état de la biodiversité, des ressources en eau et de la pollution atmosphérique à l’horizon 2050. «Les perturbations liées au changement climatique vont sans doute s’aggraver et devenir irréversibles, puisqu’on prévoit une augmentation de 50% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), écrit l’OCDE. La température moyenne mondiale dépasserait alors de 3°C à 6oC les niveaux préindustriels, excédant l’objectif convenu à l’échelle internationale, à savoir une limitation du réchauffement global à 2oC.»

«L’appauvrissement de la biodiversité devrait se poursuivre, surtout en Asie, en Europe et en Afrique australe», poursuit l’OCDE, incriminant le changement climatique mais également la déforestation au profit de l’agriculture, en particulier des agrocarburants, et de l’exploitation du bois. L’eau douce deviendrait également une ressource rare, puisqu’entre 2012 et 2050, «la demande d’eau devrait augmenter de quelque 55% compte tenu des besoins croissants des industries manufacturières (+400%), de la production d’électricité thermique (+140%) et des ménages (+130%)», chiffre l’OCDE. Quant à la pollution atmosphérique, elle «devrait devenir la principale cause environnementale de décès prématurés à l’échelle mondiale», avertit l’OCDE. «En 2050, le nombre global de décès prématurés associés à l'exposition aux particules devrait plus que doubler pour atteindre 3,6 millions par an, la plupart de ces décès se produisant en Chine et en Inde.»

La croissance verte peut-elle sauver le monde?

Pour ne pas en arriver là, l’OCDE presse les gouvernements mondiaux à agir rapidement: «Des politiques bien conçues peuvent contribuer à inverser les tendances prévues», assure l’organisation qui cite notamment les écotaxes, les permis d’émissions de CO2 mais également un changement dans la tarification de l’eau potable ou la suppression des subventions néfastes à l’environnement, notamment dans l’agriculture. L’OCDE ne s’est toutefois pas convertie à la décroissance: c’est pour promouvoir une «croissance verte» que ce rapport a été rédigé, et servira d’appui aux discussions qui auront lieu sur ce thème lors du prochain sommet des Nations unies à Rio en juin.

 

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