La campagne présidentielle n’est écolo ni sur le fond, ni sur la forme. Meetings géants, déplacements outre-mer et distributions de tracts… L’absence de l’environnement parmi les thèmes évoqués n’est pas compensée par des pratiques vertes de la part des candidats. Un cabinet spécialisé s’est lancé dans la tâche ardue de calculer les émissions de CO2 des candidats: du 20 mars au 8 avril, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et François Bayrou ont émis autant de CO2 que 500 tours du monde en voiture.

Mélenchon explose le carbono-mètre

Le premier «baromètre», paru ce mardi, classe les cinq candidats dépassant les 5% dans les sondages selon leurs émissions de carbone. Arrive en tête Jean-Luc Mélenchon avec environ 1.400 tonnes de CO2 émises entre le 20 mars et le 8 avril. Pénalisé par les centaines de milliers de personnes venues assister à ses meetings, le candidat du Front de gauche est suivi de près par Nicolas Sarkozy et François Hollande, tous deux aux alentours de 1.200 tonnes. Moins dépensiers en carbone, François Bayrou et Marine Le Pen ont émis environ 700 tonnes de CO2, principalement à cause de leurs tracts et affiches.

«Nous avons différencié quatre postes d’émissions: les QG de campagne, les impressions de tracts, les déplacements et les meetings, explique Charles-Adrien Louis, directeur du cabinet B&L Evolution. Les voyages des candidats ne représentent qu’environ 10% de leurs émissions globales, tandis que les meetings en génèrent la moitié.» Avec  120.000 personnes à Paris, 23.000 à Lille et 70.000 à Toulouse, Jean-Luc Mélenchon explose le carbono-mètre, mais ça pourrait être pire: concentrer une grande quantité de personnes dans un même endroit facilite les transports en commun. Son ratio par participant est ainsi moins élevé que celui des autres candidats (6 kilos de CO2, contre une moyenne de 9,5 kilos).

300 tours Eiffel dans les boîtes à lettres et bureaux de vote

«On ne cherche pas à donner un chiffre précis mais un ordre de grandeur, nuance Charles-Adrien Louis. Nous avons récupéré les données dans la presse, sur les sites des candidats et en faisant des analogies avec des événements similaires pour les meetings.» Les documents légaux imprimés pour la campagne pèsent également lourd: programmes, bulletins de vote et affiches collées sur les bureaux de vote monteraient «300 fois plus haut que la Tour Eiffel» si on les empilait.

Ce premier baromètre sera complété à la veille du premier tour par un second calcul intégrant les derniers efforts carbonés des dix candidats. Les calculs continueront entre les deux tours pour donner, au lendemain du 6 mai, une analyse finale des émissions de CO2 de cette campagne. «Le but est de sensibiliser les gens à partir d’un sujet d’actualité», reconnaît Charles-Adrien Louis. Peu de chances en revanche pour que les candidats réduisent la voilure pour le bien du climat.

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