Des photos inédites de Claude Lévi-Strauss à la Défense

EXPO Saviez-vous que l'ethnologue Claude Lévi-Strauss, auteur de «Tristes tropiques», était également photographe? L'exposition «Mondes perdus» présente jusqu’au 27 avril une quarantaine de photographies prises au Brésil lors de deux expéditions menées entre 1935 et 1939 dans les Etats du Parana et du Mato-Grosso...

Eudoxie Jantet

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Claude Lévi-Strauss en 1998.

Claude Lévi-Strauss en 1998. — ANDERSEN/SIPA

Dans son ouvrage «Tristes tropiques», publié en 1955 chez Plon, Claude Lévi-Strauss s’est attardé sur les effets délétères du progrès technologique sur son environnement et sur les différentes cultures avec lesquelles il était en contact. Pour l’ethnologue, la civilisation occidentale n’est donc qu’une option parmi d’autres pour l’Humanité.

Des photographies engagées

Les photographies des Indiens Bororo, Caduveo, Nambikwara ou Kaingang prises par Claude Lévi-Strauss entre 1935 et 1939 au Brésil avaient pour objectif de montrer que le progrès et l’urbanisation menacent ces individus de disparition et d’acculturation. Même si l’ethnologue ne plaçait pas la photographie en tête de ses compétences, 63 de ses clichés ont été insérés au milieu de la première édition de «Tristes tropiques». Et l’universitaire (Claude Lévi-Strauss était alors professeur de sociologie à Sao Paulo) a pris 3.000 clichés avec son appareil photo Leica durant cette période! 245 seront ensuite données au Musée du Quai Branly en 2007. Ce sont actuellement une poignée de ces photos qui sont exposées à la Défense.

Alors que «l’espèce humaine (est) sous une sorte de régime d’empoisonnement interne» selon les termes de l’ethnologue, ces clichés nous font prendre conscience de la nécessité que nous avons à préserver les différentes cultures d’une mondialisation dévorante. Les Indiens photographiés par Claude Lévi-Strauss il y a bientôt 80 ans, sont aujourd’hui victimes de conflits territoriaux avec les éleveurs et les exploitants forestiers.

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