La plateforme d'Elgin, en mer du Nord, photographiée par Greenpeace le 29 mars 2012, trois jours après le début de la fuite de gaz.
La plateforme d'Elgin, en mer du Nord, photographiée par Greenpeace le 29 mars 2012, trois jours après le début de la fuite de gaz.

A.C. avec AFP

Arrivé ce lundi matin près de la plateforme accidentée de Total, en mer du Nord, le navire de Greenpeace a commencé à donner des nouvelles de l’ampleur des dégâts après la fuite de gaz débutée il y a maintenant une semaine. «Nous sommes au milieu d'une nappe irisée huileuse. Il y a une grande quantité de pétrole sur l'eau. Il y en a partout. Cela fait plusieurs kilomètres de long et je dirais, plusieurs centaines de large», a déclaré Christian Bussau, un scientifique de l’équipe de Greenpeace, à l’AFP.

Contrairement à Total et au gouvernement britannique, qui estiment toujours que les impacts sur l’environnement sont «relativement négligeables», Greenpeace est plus pessimiste: «C'est vraiment un grave accident. Total doit immédiatement commencer à boucher la fuite ou la pollution ne s'arrêtera pas», a alerté Christian Bussau.

Qualité de l’air et de l’eau vont être testés

Le bateau envoyé par Greenpeace près de la plateforme de Total en mer du Nord est arrivé lundi matin à la limite de la zone d'exclusion créée de 3,7 km autour de la plateforme d'Elgin en raison des risques d'explosion. L'équipe de Greenpeace, qui comporte une dizaine de spécialistes, a commencé à effectuer des tests sur place pour mesurer l'impact de la fuite sur l'environnement. «Nous avons fait des tests de qualité de l'air et nous prélevons maintenant des échantillons d'eau», a indiqué Michael Meyer, chargé de la logistique au sein de l'organisation.

Selon Total, lorsque la fuite de gaz s'est produite, du liquide s'est échappé d'abord, entraînant la formation d'une nappe fine d'hydrocarbures d'environ 12 km2. D'après le groupe, il s'agit d'un condensat léger, qui devrait spontanément s'évaporer de la surface de l'eau. Le site laisse toujours échapper environ 200.000 m3 de gaz par jour.