Eric Karsenti, co-directeur de l'expédition Tara Océans, à bord de Tara le 31 mars 2012.
Eric Karsenti, co-directeur de l'expédition Tara Océans, à bord de Tara le 31 mars 2012.

Propos recueillis par Audrey Chauvet, à Lorient

Ca va leur faire drôle de ne plus être en mer. L’aventure Tara Océans s’est achevée ce week-end par une arrivée au son des binious dans le port de Lorient. A cette occasion, 20 Minutes a rencontré le scientifique Eric Karsenti, co-directeur de Tara Océans. Pour lui, le travail est loin d’être fini.

Quelle a été votre plus belle découverte durant cette expédition?

Nous avons fait un échantillonnage systématique du plancton, donc le but n’était pas de faire une découverte spectaculaire en particulier. Les échantillons vont être analysés durant les prochaines années et c’est à l’issue de ces analyses que nous aurons la réponse à cette question!

Y a-t-il des moments où vous avez eu peur de ne pas arriver à mener à bien l’expédition?

Oui : nous sommes partis en septembre 2009 et en juin on n’avait pas toujours pas le financement… C’est grâce à la région Bretagne qui a débloqué des fonds que nous avons pu continuer, mais à ce moment-là on s’est dit qu’on ne continuerait peut-être pas. Ensuite, encore pour des raisons financières, avant que le consortium de financement ne se créé, nous n’étions pas sûrs de pouvoir envoyer les échantillons aux laboratoires. Mais nous n’avons pas eu de problème technique ou scientifique, seulement quelques difficultés comme le groupe électrogène qui est tombé en panne.

Qu’avez-vous appris pendant ces deux ans et demi?

Beaucoup de choses! Sur le plan scientifique, je n’étais pas spécialiste de la biodiversité ni de la biologie marine. Je travaillais plutôt sur la biologie cellulaire. J’ai donc tout appris sur l’océanographie et le plancton avec les collègues et maintenant je comprends très bien ce monde extraordinaire. Dans un autre registre, j’ai aussi appris à travailler avec les journalistes, à parler aux enfants et à échanger avec la société civile sur les océans.

Qu’aimeriez-vous que le grand public retienne de Tara?

Il est important que les gens se rendent compte de l’importance de ces organismes dans l’écologie globale de la planète. Si on les perturbe trop, cela peut changer le climat et avoir des conséquences sur l’humanité. Il faut faire attention à la mer. J’aimerais aussi faire passer un message d’optimisme: on peut faire des choses qui paraissent impossibles, si on y met l’énergie et le temps. Il ne faut pas baisser les bras.