Un des scientifiques envoyés par Greenpeace à bord d'un de ses bateaux à proximité de la plateforme d'Elgin, théâtre d'une importante fuite de gaz, a assuré lundi qu'il y avait "beaucoup de pétrole" sur la mer dans la zone et qu'il s'agissait "vraiment d'un grave accident".
Un des scientifiques envoyés par Greenpeace à bord d'un de ses bateaux à proximité de la plateforme d'Elgin, théâtre d'une importante fuite de gaz, a assuré lundi qu'il y avait "beaucoup de pétrole" sur la mer dans la zone et qu'il s'agissait "vraiment d'un grave accident". - Martin Langer afp.com

© 2012 AFP

Le bateau envoyé par Greenpeace près de la plateforme de Total en mer du Nord est arrivé lundi matin à la limite de la zone d'exclusion créée tout autour en raison des risques d'explosion, selon le photographe de l'AFP présent à bord. Le Koenigin Juliana «est arrivé sur place aux alentours de 06H00 du matin», a indiqué ce photographe. Il se trouve en dehors de la zone d'exclusion de 3,7 km instaurée autour de la plateforme d'Elgin, a-t-il ajouté, précisant qu'une légère odeur de gaz était perceptible à cet endroit et que les vagues étaient couvertes d'une fine couche irisée. Greenpeace a prévu de rester sur place jusqu'en fin d'après-midi lundi.

L'équipe de Greenpeace, qui comporte une dizaine de spécialistes, a commencé à effectuer des tests sur place pour mesurer l'impact de la fuite sur l'environnement. «Nous avons fait des tests de qualité de l'air et nous prélevons maintenant des échantillons d'eau», a indiqué Michael Meyer, chargé de la logistique au sein de l'organisation. «Nous voyons du pétrole sur l'eau» mais la nappe a été fragmentée par le vent et les vagues, a-t-il raconté.

200.000 m3 de gaz s’échappent chaque jour

Selon Total, lorsque la fuite de gaz s'est produite, du liquide s'est échappé d'abord, entraînant la formation d'une nappe fine d'hydrocarbures d'environ 12 km2. D'après le groupe, il s'agit d'un condensat léger, qui devrait spontanément s'évaporer de la surface de l'eau. Le site laisse toujours échapper environ 200.000 m3 de gaz par jour, mais Total a qualifié dimanche «l'impact sur l'environnement» de «relativement négligeable».

De son côté, Total devait rencontrer dans la journée des représentants de l'autorité de sûreté britannique dont il attend le feu vert pour intervenir sur la plateforme afin de tenter de colmater la fuite de gaz qui perdure depuis plus d'une semaine. Selon le rapport qu'il a présenté au régulateur, le groupe pétrolier prévoit qu'un hélicoptère se pose sur la plateforme pour faire des observations. La plateforme du champ d'Elgin, située à 240 km des côtes écossaises et où travaillaient plus de 200 personnes, est totalement évacuée depuis lundi, après la découverte de la fuite. Total a reconnu qu'il s'agissait du «plus gros incident en mer du Nord» auquel il ait été confronté «depuis au moins dix ans».