Manifestation de Greenpeace contre une raffinerie du groupe Total, au Havre, en octobre 2009.
Manifestation de Greenpeace contre une raffinerie du groupe Total, au Havre, en octobre 2009. - SIPA

Audrey Chauvet

La marée noire de Louisiane n’a visiblement rien changé au mode d’exploitation du pétrole offshore. La fuite, survenue dimanche en mer du Nord sur une plateforme du groupe Total au large de l’Ecosse, a provoqué la colère des écologistes, qui appellent à une sécurisation de ces installations.

«Bien que jugé à ce stade "minime" quant à son impact sur l'environnement, ce nouvel accident conforte la position des écologistes à vouloir faire adopter un cadre réglementaire européen plus sévère pour ces activités à haut risque», a ainsi indiqué Sandrine Bélier, députée européenne écologiste, dans un communiqué. Malgré l’adoption par le Parlement européen en octobre 2011 d’un rapport sur le renforcement des règles d’exploitation, la mer du Nord reste «une des zones les plus exposées en Europe à la pollution des grandes industries d'extraction et d'exploration pétrolière et gazière», rappelle l’eurodéputée.

Total, «pas meilleur que BP»

L’association Greenpeace relève que malgré les promesses de Total après l’explosion de la plateforme Deepwater dans le golfe du Mexique, qui s’était «targué d’avoir des installations sûres», le groupe «n'est pas meilleur que BP». Les règles de sécurité «ne sont pas suffisamment fortes» et des puits de secours auraient dû être construits à côté des puits principaux, indique Anne Valette, chargée de campagne Energie chez Greenpeace. L’association Robin des Bois souligne quant à elle que Total «tient le même discours» et montre «la même impuissance» que BP.

Pour la fondation Surfrider, cet accident est le plus grave pour Total depuis le naufrage de l’Erika en 1999. «La fuite, dont se sont échappées 23 tonnes de gaz en 48 heures, a engendré un nuage visible à 11 km à la ronde. Une nappe d’hydrocarbures d’environ 12 kilomètre carrés s’est formée autour de l’installation», rapporte Surfrider, précisant que «le gaz échappé de la plateforme comporte une forte proportion de sulfure d'hydrogène et de dioxyde de carbone qui le rend très inflammable et toxique». La fondation renouvelle son opposition à tout nouveau projet d’exploitation offshore en Europe, que ce soient les plateformes pétrolières de mer du Nord, déjà au nombre de 500, où les projets d’exploitation de gaz en Méditerranée.