Une éolienne sur le site nucléaire de Tricastin.
Une éolienne sur le site nucléaire de Tricastin.

Audrey Chauvet

Les dix candidats auraient bien besoin de recharger les batteries à moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle. A l’occasion de la Climate Week,  la fondation Terra Nova publie un sondage sur les Français et la politique énergétique selon lequel deux tiers d’entre eux estiment qu’on ne parle pas assez d’énergie dans la campagne. Si le sujet intéresse plus les sympathisants de gauche (EELV, partis de gauche et PS) que de droite, ce sont en tout 61% des Français qui jugent la politique énergétique et climatique française «prioritaire».

Diversifier les sources, mais sans abandonner totalement le nucléaire

Selon ce sondage, les Français ont un avis tranché sur l’avenir énergétique de la France: 91% d’entre eux, toutes tendances politiques confondues, pensent qu’il est important d’assurer l’indépendance énergétique du pays, mais pas en mettant tous ses œufs dans le même panier atomique. 90% des personnes interrogées déclarent ainsi qu’il est important de diversifier les sources d’énergie et 83% des Français souhaitent que la part des énergies fossiles et du nucléaire baisse au profit des énergies renouvelables. 

Paradoxalement, l’avenir du nucléaire ne fait pas consensus et le clivage politique est net entre ceux qui restent fidèles à l’atome et ceux qui aimeraient voir les centrales disparaître progressivement. Parmi les 44% de sondés qui souhaitent que la France ne renouvelle pas les centrales en fin de vie, on trouve une forte majorité de sympathisants de gauche et du Modem, alors que les 36% qui pensent que la France doit poursuivre son engagement dans l’atome affichent leur préférence pour la droite ou le Front national.

Les Français veulent donner leur avis

Cette prudence sur l’abandon du nucléaire s’explique certainement par le manque de confiance actuel sur la capacité des énergies renouvelables à répondre aux besoins énergétiques de la France: seulement 54% des Français pensent qu’il serait possible de produire toute l’électricité nécessaire au pays grâce à elles. Ils sont en revanche 87% à estimer que le gouvernement devrait favoriser les transports sobres en carbone et en énergie et 79% sont favorables à des déductions fiscales incitant à réduire la consommation d’électricité.

S’ils attendent beaucoup des pouvoirs publics, les Français, tous bords confondus, aimeraient néanmoins être consultés sur la question énergétique. 44% d’entre eux sont ainsi favorables à une procédure participative sur l’avenir de la politique énergétique française, notamment via des débats permettant un vote «éclairé», et 32% sont partisans d’un référendum. Pour initier la discussion, Terra Nova et le WWF interpelleront les candidats à la présidentielle sur ces questions le 31 mars, dans le cadre de la Climate week.

 

 

 

 

A l’aune d’une élection capitale pour notre pays, puisqu’elle décidera de l’orientation politique des 5 prochaines années , le WWF France et Terra Nova interpellent les candidats à l’élection présidentielle disposant d’une représentation au Parlement le samedi 31 mars 2012 à partir de 15h à  la Maison de la Chimie.

Accès : Maison de la Chimie,
28 Rue St Dominique  75007 Paris
 
Inscriptions: http://www.tnova.fr/evenement/climateweek-la-semaine-de-d-bat-sur-le-climat-par-wwf-et-terra-nova-du-26-au-31-mars-2012-paris