Produire de l'énergie ou nourrir les plus démunis: Que vont devenir les invendus des supermarchés?

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Publié le 24 février 2012.

SOCIETE - Avec le développement de la méthanisation des déchets, les marchandises non vendues pourraient prendre le chemin des déchetteries plutôt que celui des soupes populaires...

Associations caritatives ou énergies renouvelables: les supermarchés vont-ils devoir faire un choix? En Grande-Bretagne, la polémique enfle: de plus en plus de supermarchés choisissent d’envoyer leurs denrées invendues vers des usines de méthanisation qui les transforment en énergie, rapporte The Ecologist. Un débouché plus rémunérateur que les dons traditionnels faits aux associations caritatives, qui permettent néanmoins à de nombreuses personnes démunies de manger.

Comestible ou non, le critère de choix

En France, les supermarchés font également don des invendus par le biais des associations. Ainsi, les bénévoles des Banques alimentaires collectent chaque jour des denrées retirées des linéaires mais dont les dates de consommation ne sont pas dépassées, explique Laurence Champier, responsable de la communication de la Fédération française des banques alimentaires (FFBA). «La grande distribution représente environ 30% de nos approvisionnements, nous travaillons avec quasiment toutes les enseignes», précise-t-elle. Les dons aux associations sont en général des denrées dont la date limite optimale d’utilisation (DLUO) est dépassée mais qui restent comestibles sans danger pour la santé, ou qui sont retirés des rayons 48 heures ou 72 heures avant la date limite de consommation (DLC).

Chez Auchan, la valorisation des déchets est un des axes majeurs de la politique «développement durable» du groupe: en 2011, 87% des déchets du groupe ont été valorisés, contre 54% en 2005. Les magasins utilisent de plus en plus la méthanisation pour transformer leurs 10.600 tonnes de déchets fermentescibles en biogaz, qui permet de produire de la chaleur et de l’électricité. Mais Auchan précise que cela ne concerne que les produits «qui ne peuvent être donnés à des associations». «Il s’agit par exemple de fruits et légumes pourris ou écrasés qui ne sont plus comestibles», explique Diana  Ibragimova, chargée de communication Développement durable du groupe Auchan. Les Banques alimentaires ou les Restos du cœur n’auraient donc pas de souci à se faire. «En 2011, 16 millions de repas ont été distribués grâce au don, soit 23% de plus qu’en 2010», chiffre Diana Ibragimova.

 

Audrey Chauvet
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