De la malbouffe au resto du coin?

ALIMENTATION Frites, hamburgers, sodas, muffins et glaces archi-sucrées. Tout le monde reconnaît désormais la piètre qualité des aliments servis dans les fast-foods. Mais quid du confit de canard ou de la crème brûlée «fait maison» du bistrot du coin? «République de la malbouffe», le film du restaurateur Xavier Denamur, jette un pavé dans la mare...

Eudoxie Jantet

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L'affiche du film "République de la malbouffe".

L'affiche du film "République de la malbouffe". — DR

Chassez de votre esprit l’image du sympathique chef, toque sur la tête et panier dans les mains, en train de faire ses courses au marché, et qui ensuite passe des heures à préparer de bons petits plats. Sans toutefois révéler le pourcentage de restaurateurs concernés, «République de la malbouffe» montre que la cuisine soit disant «faite maison» est bien souvent livrée dès l’aube par les camions des industriels l’ayant préparée. Il n’y a alors plus qu’à réchauffer…

Nourriture industrielle au menu

Le film s’attarde largement sur les foires destinées aux professionnels de la restauration lors desquelles ils prennent connaissance des tendances culinaires industrielles du moment. Quand Xavier Denamur demande à un industriel si son céleri en rémoulade est «frais», ce dernier lui répond bien évidemment que «oui». Avant d’ajouter que le restaurateur peut par exemple faire preuve de créativité en parsemant la préparation toute faite de raisins secs. Une bien malheureuse façon de transformer des plats industriels en spécialités «faites maison», rapidement et à peu de frais.

Autres images peu ragoutantes: les cuisses de canard confites. Xavier Denamur compare un plat réellement «fait maison» avec son alter ego en boîte. Ca saute aux yeux: dans le cas industriel, la viande se décompose en morceaux, elle ne tient pas à l’os et semble gorgée d’eau. La cuisse amoureusement préparée est quant à elle bien grosse et la chair est bien attachée l’os.

Une chose est certaine, vous ne regarderez plus votre assiette au restaurant de la même façon. Et comme l’un des clients interrogés dans le film, vous vous demanderez légitimement pourquoi aller au restaurant alors que l’on est soi-même capable de réchauffer une boîte.

La TVA de la discorde

Autre point d’achoppement sur lequel le documentaire revient dès le début: le taux de TVA appliqué dans la restauration. Le 1er juillet 2009, ce taux est passé de 19,6% à 5,5% pour la restauration sur place (ce taux était déjà de 5,5% avant cette date pour la restauration à emporter). Xavier Denamur estime que «Nicolas Sarkozy, grand prestidigitateur, a fait disparaître des caisses de l’Etat trois milliards d’euros par an sans que le consommateur ni le salarié ne s’en aperçoivent.» Mais ceci est une autre histoire que nous vous invitons à découvrir dans «République de la malbouffe».

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