La centrale nucléaire du Tricastin, dans la vallée du Rhône, le 25 novembre 2011.
La centrale nucléaire du Tricastin, dans la vallée du Rhône, le 25 novembre 2011. - WITT/SIPA

Nicolas Bégasse

Deux députés socialistes s’inquiètent de l’ombre chinoise qui plane sur le nucléaire français, après avoir reçu en décembre dernier un document ultraconfidentiel détaillant un protocole d’accord entre EDF et un groupe chinois spécialisé dans le nucléaire.

C’est le Nouvel Obs qui révèle l’affaire ce mercredi sur son site, le magazine ayant obtenu copie dudit protocole et de la lettre envoyée par deux députés à François Fillon. Bernard Cazeneuve (Manche) et Jean-Marc Ayrault (Loire-Atlantique) y écrivent que «cet accord soulève de vives inquiétudes pour l’avenir de la filière nucléaire française» étant donné qu’il «valide en effet les prétentions de l’entreprise chinoise qui souhaite participer aux nouveaux projets nucléaires d’EDF en France». Les deux députés interrogent le Premier ministre: «Une entreprise chinoise pourra-t-elle demain construire des centrales nucléaires en France? Le fabricant de réacteurs, Areva, sera-t-il placé, par son propre gouvernement, en situation de concurrence face à une entreprise publique chinoise?»

Transferts de technologie

Le protocole d’accord, consultable sur le site du Nouvel Obs, parle notamment de l’«intention de CGNPC [l’entreprise chinoise en question, ndlr] d’accéder au retour d’expérience d’EDF en matière de centrales nucléaires sur le territoire national» et de son intention de «participer aux nouveaux projets nucléaires d’EDF en France». Le projet mentionne aussi la «fourniture de la technologie et des informations techniques d’EDF» à l’entreprise chinoise.

Cinq semaines après l’envoi de leur lettre à François Fillon, Bernard Cazeneuve et Jean-Marc Ayrault n’ont toujours pas eu de réponse, souligne l’hebdomadaire.