Un ancien site d'orpaillage clandestin dans la région du Maroni, en Guyane.
Un ancien site d'orpaillage clandestin dans la région du Maroni, en Guyane. - CHARUEL/SIPA

Audrey Chauvet

Neuf morts et deux blessés graves: à la veille de la visite de Nicolas Sarkozy en Guyane, deux bandes rivales se sont violemment affrontées à Dorlin, au sud-ouest du territoire, dans la nuit de vendredi à samedi. De quoi donner du poids aux déclarations du Président, qui a déclaré qu’il allait «inscrire à l'agenda parlementaire la création d'une infraction spécifique de transport non autorisé de produits destinés à l'orpaillage clandestin», ainsi qu’un «durcissement des peines» pour ceux qui le pratiquent. Non seulement l’orpaillage illégal en Guyane provoque des drames humains, mais il est également à l’origine d’une dégradation de l’environnement guyanais, notamment avec la pollution des eaux par le mercure utilisé pour extraire l’or.

Renforcer le dispositif Harpie

Dans le cadre de la campagne «Non à l’or illégal», lancée en 2011, des représentants du bureau de WWF France en Guyane se sont rendus, mi-janvier, dans des villages amérindiens du Haut Maroni, au cœur du parc amazonien de Guyane. Ils ont pu constater que la population locale est de moins en moins souvent en contact avec les orpailleurs et que les convois de ravitaillement fluviaux, apportant vivres et matériel aux «garimpeiros» sont de moins en moins fréquents.

Toutefois, d’après le WWF, ceci s’explique par le développement de nouveaux circuits de ravitaillement basés au Surinam, qui contournent les points de contrôle du dispositif Harpie. L’association appelle à un renforcement de la coopération avec les pays frontaliers et un renforcement du dispositif Harpie. Des souhaits dont Nicolas Sarkozy s’est fait l’écho, appelant samedi le Surinam à engager «la même lutte» que la France. «Le Surinam va installer un poste avec 18 policiers et militaires pour lutter contre les orpailleurs clandestins», a-t-il déclaré dans un discours devant l'état-major des troupes Harpie, une opération interministérielle créée en 2008, réunissant les ministères de l'Intérieur, de la Défense et de la Justice.