Les militants de Nogent encourent pour ces délits jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende, bien au-delà des peines normalement prévues pour une intrusion sur un site nucléaire, à savoir six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende, selon leur avocat Me Alexandre Faro.
Les militants de Nogent encourent pour ces délits jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende, bien au-delà des peines normalement prévues pour une intrusion sur un site nucléaire, à savoir six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende, selon leur avocat Me Alexandre Faro.

© 2012 AFP

Neuf militants de Greenpeace doivent ont comparu ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Troyes pour violation de locaux professionnels et dégradations en réunion, après leur intrusion fin 2011 dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine(Aube). Le 5 décembre 2011, des militants de Greenpeace s'étaient introduits dans deux centrales, à Nogent-sur-Seine et Cruas (Ardèche), déjouant la surveillance des gendarmes pendant près de 14 heures en tout. Objectif: jeter un coup de projecteur sur les failles de la sécurité des installations nucléaires.

«Peines encourues disproportionnées»

Les prévenus de Nogent, six femmes et trois hommes âgés de 22 à 60 ans, encourent pour ces délits jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende. Cinq d'entre eux sont également poursuivis pour refus de se soumettre à un prélèvement ADN, un délit passible d'un an de prison et de 15.000 euros d'amende.

«Les peines encourues sont disproportionnées au regard de la réalité des faits, d'autant que les intrusions dans ce type de site sont régies par l'article 413-7 du code pénal qui prévoit six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende», a affirmé à l'AFP Alexandre Faro, l'avocat de Greenpeace. «Cet article et les peines encourues sont d'ailleurs clairement mentionnés sur les panneaux d'interdiction (...) tout autour des centrales», a-t-il souligné, estimant qu'«on cherche manifestement à faire peur pour dissuader les militants de réitérer ce genre d'action».

Pour le parquet de Troyes, les termes des poursuites relèvent «d'un choix d'action publique». «On a préféré retenir un texte générique comme on l'aurait fait pour toute autre installation industrielle sans retenir de spécificité particulière», a expliqué Alex Perrin, procureur de la République.

Rassemblement de soutien devant le tribunal

Selon Greenpeace, une centaine de militants sont attendus vendredi matin dès 8 heures devant le tribunal pour manifester leur soutien aux prévenus. «Nous sommes en droit d'attendre une forme de clémence de la part des magistrats car notre action a permis d'identifier une faille dans la sécurité des centrales, on a rendu service au gouvernement comme à l'exploitant nucléaire», a plaidé Sophia Majnoni, chargée de la campagne nucléaire de Greenpeace.

Un mois après les faits, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, qui avait reconnu des «défaillances», avait profité d'une visite à la centrale nucléaire de Chinon pour annoncer un renforcement des mesures de sécurité dans ces installations. Les deux militants qui s'étaient introduits à la centrale de Cruas doivent comparaître le mardi 24 janvier devant le tribunal correctionnel de Privas, poursuivis également pour violation de locaux professionnels et dégradations en réunion.