Décontaminer Fukushima, c'est encore dégrader l'environnement

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Publié le 10 janvier 2012.

RADIOACTIVITE - Selon des scientifiques américains, il faudra sacrifier de grandes quantités de terre, feuilles et plantes pour venir à bout de la radioactivité aux alentours de Fukushima...

Les Japonais ne sont pas au bout de leurs peines. Pour décontaminer les zones irradiées à la suite de la catastrophe de Fukushima, il va falloir supprimer des hectares de terre, de plantes et d’organismes radioactifs, et provoquer ainsi un second désastre écologique, estiment des chercheurs américains cités par le quotidien britannique The Guardian.

Gratter les sols, débroussailler, épandre du potassium…

«La décontamination peut être efficace, mais il faudra arbitrer entre la réduction des radiations et l’impact environnemental», explique Kathryn Higley, de l’université d’Oregon, qui a travaillé à la décontamination de plusieurs sites aux Etats-Unis. Pour se débarrasser des particules radioactives de césium «collées» au sol et aux plantes, les Japonais devront détruire des zones entières de terrain et de végétation, estiment les scientifiques. Le ministère de l’Environnement japonais estime que ce sont ainsi 15 à 31m3 de terre qui devront être déplacés.

Depuis le début du mois, un premier chantier de décontamination devrait permettre de nettoyer environ 1.000km2 de forêts et de champs, afin de permettre le retour des populations évacuées. Pour cela, les ouvriers grattent les sols, jettent les feuilles mortes et débroussaillent autour des maisons. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a conseillé aux autorités japonaises de ne pas nettoyer de plus grandes zones que le strict nécessaire pour assurer la santé humaine. D’autres méthodes vont être utilisées, notamment l’interdiction de la vente de champignons sauvages ou de la culture de riz dans les zones les plus touchées. Les agriculteurs ont été incités à épandre du potassium sur leurs champs pour minimiser l’absorption du césium par les plantes. Il en faudra certainement plus pour que les zones sinistrées redeviennent complètement sûres pour la population.

Audrey Chauvet
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