Un panneau d'avertissement après l'épandage de pesticides dans un champ.
Un panneau d'avertissement après l'épandage de pesticides dans un champ. - Visions of America/SUPERSTOCK/SIPA

C’est une première en France: Paul François, agriculteur charentais de 47 ans, a assigné en justice la firme américaine Monsanto pour une intoxication au Lasso, un puissant herbicide. Après une inhalation accidentelle de vapeurs de Lasso, Paul François a connu des pertes de connaissance et des problèmes neurologiques qui l’ont mené, aujourd’hui, a être déclaré invalide à 50%. L’agriculteur espère, par ce procès, faire reconnaître la responsabilité de Monsanto. Face à ces accusations, le directeur général de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP), Jean-Charles Bocquet, rappelle qu’aucun lien n’a été démontré entre le Lasso et les problèmes de santé de Paul François.

Le Lasso a-t-il déjà été accusé de nuire à la santé des agriculteurs?

Ce produit a été utilisé dans de nombreux pays durant de nombreuses années sur de grandes surfaces, et cet accident est assez unique. Mais des accidents avec des produits phytosanitaires arrivent de temps en temps lorsqu’ils sont utilisés dans des conditions autres que les conditions d’emploi indiquées.

Le problème viendrait d’une mauvaise utilisation du produit?

Nous insistons sur la lecture et le respect des étiquettes. Il y a des conditions d’emploi bien précises, en termes de protection de la peau, des yeux, des équipements nécessaires… Nous tenons à rappeler qu’un produit correctement utilisé ne doit pas entrainer ce qui est arrivé à Paul François. Il s’est certainement passé autre chose, mais il n’y a pas de lien direct caractérisé entre le produit et les symptômes.

Pourtant il a été reconnu qu’il s’agissait d’une maladie professionnelle?

Il s’agissait d’une procédure régionale, dans laquelle le tribunal administratif a reconnu le classement en tant que maladie professionnelle. Le suivi des incidents liés à l’utilisation des produits est suivi par la Mutuelle sociale agricole (MSA) avec son programme Phyt’attitude. Il y a quelques cas bien précis où des maladies professionnelles ont été reconnues mais c’est le parcours de la personne et non l’utilisation d’un produit qui est en cause. C’est la conviction personnelle des agriculteurs qui les pousse à mettre en lien l’utilisation de certains produits avec leurs maladies. Pour nous, il faut connaitre le parcours professionnel global de la personne malade et quels produits elle a réellement utilisé: les doses, les conditions d’emploi, etc.

Comment expliquer que le Lasso ait été retiré de la vente dans certains pays dès les années 1980 et qu’il ait fallu attendre 2007 en France?

Le Lasso a été interdit dans d’autres régions du monde plutôt pour des problèmes liés à l’environnement: on en retrouvait dans l’eau. Monsanto a arrêté ce produit en France pour en développer un autre, c’était de sa pleine initiative. 

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