La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), le 5 décembre 2011.
La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), le 5 décembre 2011. - F. NASCIMBENI/AFP PHOTO

A.C. avec Reuters

Le gouvernement français a décidé de renforcer la directive de sécurité des installations sensibles après le coup d'éclat de Greenpeace, qui s'est introduit lundi dans deux centrales nucléaires. Les mesures de protection passive des 58 réacteurs français seront également durcies, ont précisé mercredi les ministres de l'Intérieur et de l'Industrie, Claude Guéant et Eric Besson, lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.  «Nous avons demandé une enquête approfondie (...) Nous en tirerons toutes les leçons opérationnelles», a déclaré Eric Besson devant les députés.

Claude Guéant a cependant précisé mercredi que le resserrement du dispositif de sécurité autour des centrales nucléaires françaises avait été décidé dès lundi lors d'une réunion organisée par le Premier ministre, François Fillon.  Pas moins de 740 gendarmes sont chargés de veiller sur le parc des centrales nucléaires françaises. 

La conception du dispositif de sécurité n’est pas remise en cause

Les activistes de Greenpeace ont mené lundi plusieurs tentatives d'intrusion pour faire passer le message que «le nucléaire sûr n'existe pas».  Ils n'ont vraiment réussi qu'à la centrale de Nogent-sur-Seine, dans l'Aube, où neuf militants se sont hissés sur le dôme d'un réacteur. Deux autres militants sont restés cachés 14 heures dans la centrale de Cruas (Ardèche).  Les autorités, comme EDF, ont d'abord minimisé la portée de l'opération, soulignant que l'intégrité des centrales n'avait jamais été menacée et que personne n'avait pu pénétrer dans les lieux de production de l'énergie. 

Dans un communiqué, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a estimé mardi que les intrusions de Greenpeace «ne remettent pas en cause la conception des dispositifs de sécurité des sites nucléaires français».  Il estime que les militants n'ont pu pénétrer «dans les zones les plus sensibles», la protection des sites reposant sur un concept de «défense en profondeur».  Il s'agit d'une «succession de barrières de protection matérielles et organisationnelles» permettant de «contrer les agressions», écrit-il.

L'institut insiste sur le fait que les autorités ont choisi de donner «une réponse proportionnée aux risques encourus» face à une action malveillante. «En l'occurrence, l'intrusion était une opération de communication militante et elle a donc été traitée comme telle», estime l'IRSN. Les onze militants de Greenpeace interpellés lundi à Nogent-sur-Seine et à Cruas seront jugés en janvier.