La ville d'Aix-en-Provence accumule la pollution de Marseille et celle des industries de Berre.
La ville d'Aix-en-Provence accumule la pollution de Marseille et celle des industries de Berre. - P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Audrey Chauvet

L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) a lancé cette semaine un programme ambitieux: faire la carte de France des «points noirs environnementaux», ces régions, villes ou quartiers dans lesquels il ne fait pas bon respirer l’air ambiant. Le dispositif Plaine, comme «Plate-forme intégrée pour l'analyse des inégalités d'exposition environnementale», n’a pour l’instant été testé qu’en Pas-de-Calais et en Picardie sur quatre polluants: nickel, cadmium, chrome et plomb. A terme, les données en provenance du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), des agences de l'eau, de l'Institut national de recherche agronomique (Inra), de l'Insee ou encore des services statistiques du ministère de l'Ecologie seront croisées par l’Ineris pour établir une cartographie complète du pays.

Les premiers résultats sur le Nord de la France ont permis de déterminer quelles populations sont les plus exposées aux pollutions et par quel biais: «Pour l’ensemble des polluants, la classe d’âge la plus vulnérable est systématiquement celle des 2 à 7 ans, explique l’Ineris. Les voies d’exposition prépondérantes correspondent, selon les régions, à l’ingestion d’eau de consommation et de sol pour le plomb, de légumes pour le cadmium et à l’inhalation pour le nickel.» L’étude complète devrait permettre de mieux  prévenir les impacts sanitaires de la pollution, conformément au Plan national santé environnement qui «vise à identifier d’ici 2013 les zones, réduire les niveaux de contamination et assurer une surveillance environnementale adéquate».