Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté dimanche en Mayenne, à proximité de l'usine Aprochim qu'ils accusent de pollution aux PCB, au moment où un nouveau troupeau de bovins contaminés était emmené pour être abattu
Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté dimanche en Mayenne, à proximité de l'usine Aprochim qu'ils accusent de pollution aux PCB, au moment où un nouveau troupeau de bovins contaminés était emmené pour être abattu - Jean-Francois Monier afp.com

© 2011 AFP

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté dimanche en Mayenne, à proximité de l'usine Aprochim qu'ils accusent de pollution aux PCB, au moment où un nouveau troupeau de bovins contaminés était emmené pour être abattu, a constaté un photographe de l'AFP.

"Attention, zone polluée", "Pays de Grez, pays sacrifié", "quel avenir demain?": les manifestants ont installé des panneaux le long de la route à proximité de l'usine. Ils y ont également placé une potence sous laquelle pend un profil de vaches, ainsi qu'un décompte évolutif des animaux abattus avec le chiffre "302", correspondant ce dimanche au nombre de bêtes déjà euthanasiées ou qui vont l'être dans les prochains jours.

Jean-Marc Guesdon, le président du collectif de défense "Terre et vie d'Anjou", a réclamé une nouvelle fois "l'arrêt immédiat de la pollution", provoquée, selon les victimes, par Aprochim, et exhorté l'Etat à "prendre conscience (de la situation) et prendre ses responsabilités".

Les manifestants se sont ensuite rendus à Bouère, dans la ferme d'un couple dont le troupeau contaminé devait être enlevé en fin d'après-midi pour partir à l'abattoir.

"Nous sommes sur une jolie commune, avec beaucoup d'élevage. Tout le troupeau va partir et c'est très dur à supporter (...). Notre famille est là depuis 200 ans. La famille s'efface, mais les PCB restent", a déclaré à l'AFP Mme Annick Jouin, qui a fait le tour des étables en caressant ses bêtes avant leur départ.

Le couple devait partir à la retraite dans quelques années: "Notre fin de carrière, on aurait aimé qu'elle s'achève autrement", a ajouté Mme Jouin.

Au total, quelque 140 bovins, issus de trois troupeaux laitiers et allaitants, et dont "les taux de PCB ne permettaient pas d'espérer une reprise rapide d'activité", devaient être "enlevés" dimanche de trois fermes différentes avant d'être abattus lundi, selon la sous-préfecture de Chateau-Gontier.

Ces trois fermes font partie des exploitations visées par des mesures de séquestre depuis la découverte de la pollution aux abords de l'usine Aprochim de Grez-en-Bouère, spécialisée dans le traitement de déchets contaminés aux PCB.

L'usine Aprochim continue de contester sa responsabilité dans la pollution constatée. Depuis la mise au jour de la pollution, une douzaine de fermes ont été mises sous séquestre, totale ou partielle, dans un rayon de 3 km autour de l'usine.