On a testé le rocking-chair en bouteilles plastiques

MEUBLES Comme à chaque «On a testé», Néoplanète met ses journalistes à l'épreuve pour essayer des objets que le marché du développement durable vous propose. Intrigués par le rocking-chair en bouteilles plastique de PastiKetic, nous l'avons essayé avant sa commercialisation. Et ça balance... ou pas!

Julie Hamaïde

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Le rocking-chair KusKus en bouteilles plastiques recyclées.

Le rocking-chair KusKus en bouteilles plastiques recyclées. — DR

Ce matin, j’ai rendez-vous avec Romain Roclore, l’entrepreneur et fondateur de PlastiKetic, et Grégory Hoogstoël, le designer, à la Cité des Sciences et de l’Industrie, à Paris, où le rocking-chair est en exposition à l’occasion de l’Observatoire du Design jusqu’au mois de mars 2012. Au premier étage de cet établissement, la KusKus Chair brille sous nos yeux, effet de réflexion des spots lumineux sur le plastique. Et du plastique, il y en a! Une trentaine de bouteilles de cola tiennent en force, sans colle, sur un squelette en bois 100% français et issu de forêts éco-gérées. Une structure qui régale notre flair puisqu’une odeur boisée, très agréable, s’en dégage.

Qu’on se le dise, la KusKus Chair n’est pas un fauteuil classique à base de bouteilles en plastique recyclées. Des bouteilles, il y en a, certes, mais elles ont conservé leur forme originale et sont bombées juste ce qu’il faut pour soutenir jusqu’à 100 kilos.

D’un point de vue du popotin, il est vrai que c’est assez spécial de s’assoir sur des bouteilles gonflées à la pompe à vélo. Mais très vite, l’appréhension fait place au confort, manque plus qu’un petit coussin au creux des reins! On ne regrettera qu’une chose: le fait que la KusKus soit fixée au sol pour l’exposition, alors qu’elle est vouée à nous balancer d’avant en arrière. Une immobilité qui renforce aussi le grincement sous notre poids.

Jolie et agréable, la KusKus Chair sera mise en vente, en édition limitée, dès la fin de l’année. Ses créateurs, eux, veulent aller encore plus loin en la commercialisant à grande échelle. «Le top pour moi, confie Romain Roclore, serait de ne vendre que le cadre. Le transport serait déjà plus écologique et les gens pourraient mettre leurs propres bouteilles en plastique». A terme, l’idée est de faire un modèle compatible avec 80% des bouteilles, afin d’adapter cette chaise à sa consommation: elle sera rouge, verte, bleue ou transparente selon nos gouts pour la Badoit, le Perrier, le Sprite ou tout autre soda.

Le projet PlastiKetic compte bien vous surprendre encore en réinventant l’utilisation -et surtout le recyclage- de la bouteille en plastique, déclinée sur toute une gamme d’objets pour la maison. «On aimerait arriver à faire des produits à partir de 50 euros», explique Romain. Et ce n’est pas sans déplaire à notre porte-monnaie. Pour la KusKus, il faudra débourser aux alentours de 2000 euros le fauteuil, repris et recyclé par le créateur lorsque vous voudrez vous en séparer. Avec des idées pareilles, on ne s’assiéra plus sur le recyclage!

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