Les logements de demain: en bois, bioclimatique ou en surélévation?

BATIMENT Le salon Batimat met l'imagination verte à l'honneur...

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En bois avec un bilan carbone zéro, en petits immeubles bioclimatiques autour d'un jardin central ou en surélévation d'habitats existants pour limiter l'étalement des villes: les logements de demain, présentés au salon Batimat, mettent l'imagination verte à l'honneur

En bois avec un bilan carbone zéro, en petits immeubles bioclimatiques autour d'un jardin central ou en surélévation d'habitats existants pour limiter l'étalement des villes: les logements de demain, présentés au salon Batimat, mettent l'imagination verte à l'honneur — Mychele Daniau afp.com

En bois avec un bilan carbone zéro, en petits immeubles bioclimatiques autour d'un jardin central ou en surélévation d'habitats existants pour limiter l'étalement des villes: les logements de demain, présentés au salon Batimat, mettent l'imagination verte à l'honneur.

La maison zéro carbone

Deux modules de 30m2 tout en bois, séparés par un patio, le premier avec un petit salon et une cuisine à l'américaine, une douche et une chambre. Le second abrite un grand salon agréablement chauffé par un poêle à bois. La maison zéro carbone est installée à l'entrée du salon Batimat. Les cadres des grandes baies vitrée sont en chêne, l'ossature et les bardages en douglas, le parquet en hêtre et la terrasse en robinier, «que des essences présentes en France», souligne Bernard Chevalier l'initiateur de ce prototype. Si elle était industrialisée, cette maison, «véritable puits de carbone», coûterait entre 120.000 et 150.000 euros avec une période de fabrication d'environ trois mois, selon son initiateur. Cet excellent bilan carbone vient du fait «que le bois capte le carbone à raison d'une tonne de CO2 par m3, mais aussi parce qu'on a optimisé les processus de fabrication en amont», ajoute-t-il.

Le recours au bois local pour éviter le fret maritime et routier, la préparation de préfabriqués en atelier pour réduire la durée du chantier et le choix des matériaux de faible impact sur l'environnement contribuent à en faire une maison d'un bilan carbone en dessous de zéro, selon la méthode de calcul de l'Ademe. L'isolation est assurée par de la ouate de cellulose, le poêle brûle des granulés de bois, la ventilation assure un renouvellement d'air efficace et peu gourmand en énergie car muni d'un détecteur de présence. «Ces modules peuvent aussi être aménagés en bureaux, empilés ou juxtaposés, l'idée étant qu'on a fait de l'habitat décarboné et qu'on consomme moins de 50 kwh/m2 et par an d'énergie primaire», le plafond applicable à partir de janvier 2013 pour le logement neuf, explique Bernard Chevalier. Actuellement, la consommation d'énergie moyenne est de 240 kwh/m2 dans les logements anciens. De plus, à partir de 2013 les logements neufs devront diviser par trois leur consommation d'énergie et à partir de 2020 passer en énergie positive.

«Une nouvelle façon de penser l'urbanité»

A Bordeaux, le projet Gingko de constructions bioclimatiques, des architectes Christophe Rouselle et Nicolas Laisné, qui ont obtenu le prix de la Sobriété énergétique au concours des éco-quartiers 2009, est déjà en cours de construction. De petits immeubles et maisons individuelles s'agencent autour d'un jardin central sur des parkings en sous-sol. Les balcons décalés à chaque étage disposent de brises-soleil en bois pour assurer un coéfficient thermique maximal. «Nous avons choisi la solution de l'isolation par l'intérieur car c'est plus économique et ça permet de dépenser plus pour le jardin et l'efficacité énergétique», souligne Christophe Rousselle.

D'une manière générale, l'isolation thermique passe au «vert» avec des produits «biosourcés» mêlant chanvre, lin, paille compressés, qui ne représentent pourtant que 5% du marché. Alcoa promeut une façade en aluminium enduite d'oxyde de titane «qui s'auto-nettoie et nettoie l'air» sous l'effet des rayons UV décomposant les gaz d'échappement. Le groupe Mignola, lui, annonce un carrelage qui dépollue l'air par photocatalyse. Enfin, pour le collectif de trois jeunes architectes Freaks Freearchitects, l'avenir sera peut-être la surélévation pour lutter contre l'étalement des villes. Leur première maison de 95 m2 construite sur le toit d'un entrepôt à Saint-Ouen «pourrait bien être une nouvelle façon de penser l'urbanité», selon Guillaume Aubry.