Michèle Rivasi et Corinne Lepage à Calvi
Michèle Rivasi et Corinne Lepage à Calvi - A.Chauvet/20 Minutes

Propos recueillis par Audrey Chauvet

Ces deux femmes là ne s’en laissent pas compter: ce samedi, elles ont mis toute leur énergie à convaincre le public du Festival du vent, à Calvi, qu’une sortie du nucléaire s’impose en France. Leurs arguments: trop dangereux, trop coûteux, le nucléaire a montré sa capacité de nuisance de Tchernobyl à Fukushima. Mais à l’approche de l’élection présidentielle, à laquelle Corinne Lepage a choisi d’aller seule avec son parti Cap21, quelques divergences existent entre son programme et les positions d’Europe Ecologie Les Verts, représenté par l’eurodéputée Michèle Rivasi.

Sur quels points êtes-vous en désaccord concernant le nucléaire?

Corinne Lepage: En dehors du nucléaire militaire, aucuns. Michèle dit qu’il faut donner l’exemple et nous débarrasser de l’arme atomique, je réponds que ce serait formidable mais que dans le monde actuel, il serait déraisonnable de priver la France et l’Europe d’une force de frappe nucléaire. Je suis pacifiste, mais réaliste.

Michèle Rivasi: Globalement, nous sommes d’accord, mais nous n’avons pas la même stratégie. Nous voulons sortir du nucléaire et pas tergiverser. Nous sommes pour l’instauration d’un ministère de la transition énergétique, pour l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables qui permet de fermer progressivement les centrales. Notre décision politique est plus nette sur ce point.

Pensez-vous que le nucléaire sera un sujet important dans la campagne de 2012?

Corinne Lepage: Je porterai ce sujet car il est très structurant sur le plan économique et industriel, et en termes d’organisation du territoire. Ce ne sera pas le seul sujet de la campagne, mais je souhaite en parler de manière économique: la sortie du nucléaire est la seule solution pour une ré-industrialisation de la France et pour sortir de la crise.

Michèle Rivasi: J’en suis persuadée car avec l’audit de la Cour des comptes sur le coût du nucléaire, la construction de l’EPR de Flamanville et la question de la fermeture de Fessenheim, la question énergétique va se poser. Il va falloir que les experts scientifiques soient honnêtes et présents pour éviter une désinformation sur ce sujet.

Quel est le programme de votre parti sur le plan énergétique pour 2012?

Corinne Lepage: La mesure phare est de ne plus construire de nouvelles centrales en France pour donner un signal clair en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Cela va créer de l’économie, des emplois, et réduira le coût de l’énergie pour les ménages. Je ne fais pas de fixation sur la date de sortie du nucléaire, mais il faut y arriver progressivement: sept millions de personnes vivent en France à proximité d’une centrale et on sait qu’un accident n’est pas inenvisageable.

Michèle Rivasi: Notre programme se fonde sur une transition énergétique qui, en sortant du nucléaire, permettra de réindustrialiser la France avec des emplois non délocalisables liés à la rénovation des bâtiments, à la recherche et développement pour fabriquer des appareils moins consommateurs d’énergie et au développement des énergies renouvelables. Les accords entre Europe Ecologie et le Parti socialiste passeront par la fermeture des centrales les plus à risque, l’arrêt de l’utilisation du Mox et l’abandon de l’EPR.