L'opération "Un arbre, un enfant, une vie" a été inaugurée en forêt de Montmorency le 20 octobre 2011 à Domont (Val d'Oise).
L'opération "Un arbre, un enfant, une vie" a été inaugurée en forêt de Montmorency le 20 octobre 2011 à Domont (Val d'Oise).

Audrey Chauvet

Mille deux cent enfants plantent 1.200 arbres: le symbole était limpide. Jeudi matin, les enfants des écoles primaires de Domont et de Villaines-sous-Bois, dans le Val-d’Oise, ont inauguré «leur» parcelle en lisière de la forêt de Montmorency en plantant des arbustes qui remplaceront les châtaigniers mourants qui y ont été abattus. Mais à quelques mètres des habitations, le maire de Domont, Jérôme Chartier, a dû trouver une solution au «traumatisme» de la coupe rase.

«Recréer un lien ville-forêt en expliquant ce que nous faisons»

Avec le parrainage de Yann Arthus-Bertrand et la participation enjouée de 1.200 petits forestiers fiers de planter merisiers, alisiers et sorbiers, les voisins acceptent plus facilement le changement de paysage. «Les gens ont du mal à concevoir que la forêt vit», témoigne Olivier James, directeur de l’agence interdépartementale de Versailles de l’ONF, qui tente de consoler une Domontoise. «Des événements comme ça permettent de ne pas voir la coupe comme une perte mais comme l’arrivée d’une nouvelle génération d’arbres.»

Expliquer que couper des arbres est nécessaire à la bonne santé de la forêt, c’est ce à quoi s’emploient les cent agents de l’ONF qui gèrent les quelque 75.000 hectares de forêt domaniale en Ile-de-France. «Nous avons un devoir d’information et de communication plus important ici que dans d’autres forêts où les gens ont une culture plus rurale, explique François Bland, directeur territorial Ile-de-France à l’ONF. Nous devons recréer un lien forêt-ville en expliquant ce que nous faisons.»

Des forêts méconnues du public, mais chouchoutées par les forestiers

Le président de l’ONF, Hervé Gaymard, est déterminé à lancer avant la fin de l’année un «plan pour la forêt péri-urbaine»: «Son objectif est de définir le mode de gestion de ces forêts  et de les faire mieux connaître, explique-t-il. Tous les élus et les associations seront associés à ce plan qui permettra de trouver un équilibre entre la fonction écologique de la forêt, son rôle d’accueil du public et la production sylvicole.»

Car même dans ces forêts fréquentées par 80 millions de visiteurs par an, l’activité économique reste importante: 250.000m3 de bois par an y sont produits, du petit bois de chauffage à des bois nobles, comme le chêne à grain fin de la forêt de Fontainebleau recherché par les tonneliers. «La sylviculture doit être adaptée pour préserver le paysage et nous devons informer les citoyens sur les débouchés du bois, par exemple sur les circuits de proximité développés pour le bois de chauffage», poursuit François Bland.

En attendant, les jeunes pousses de la forêt de Montmorency vont grandir et renouveler une forêt de châtaigniers trop dense et trop âgée pour affronter le réchauffement climatique. Olivier James explique que «la première chose à faire est de planter les bonnes essences au bon endroit et laisser la place aux arbres pour avoir assez de feuilles, grâce auxquelles ils transpirent. Il ne faut pas trop éclaircir non plus, sinon le tronc prend un coup de soleil et l’arbre meurt.» Nul doute que les agents de l’ONF sont aux petits soins pour les arbres: grâce à la gestion séculaire de la forêt française, celle-ci augmente chaque année de 40.000 hectares.