Nicolas Sarkozy en visite dans le Gard le mardi 4 octobre 2011.
Nicolas Sarkozy en visite dans le Gard le mardi 4 octobre 2011.

Reuters

Courage et sang-froig: Nicolas Sarkozy a déclaré mardi s'inspirer des valeurs cévenoles dans son action, confirmant au passage l'abrogation de permis d'exploration de gaz de schiste qui ont beaucoup inquiété cette région sauvage.

En visite dans le Gard pour marquer le classement des Causses et des Cévennes au patrimoine mondial de l'Unesco, le chef de l'Etat a tenu à célébrer l'héritage de la «liberté de conscience» pour laquelle se sont battus les Camisards au début du XVIIIe siècle dans ce haut-lieu du protestantisme.

«Je voudrais vous dire que je m'inspire beaucoup de ces valeurs cévenoles face à la crise que le monde connaît: résistance, courage, sang-froid», a-t-il dit lors d'un discours prononcé à Alès. Il a confirmé l'abrogation, annoncée la veille par la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, «des trois permis d'exploration de gaz de schiste qui concernaient votre région».

Evoquant la loi votée en juillet qui interdit la technique, jugée polluante, de fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation de ces gaz et huiles de schiste, il a demandé à la ministre, qui l'accompagnait, de s'assurer que les autres permis accordés «soient strictement limités aux activités conventionnelles».

Liberté de conscience

«L'exploitation des ressources en hydrocarbures contenues dans notre sous-sol est un enjeu stratégique pour notre pays, mais pas à n'importe quel prix», a-t-il déclaré: «Cela ne se fera pas tant qu'il n'aura pas été démontré que les techniques utilisées (...) sont respectueuses de l'environnement, de la complexité des sols et des réseaux hydrologiques». «Ça ne se fera pas aux prix d'une fragmentation des terres qui massacrerait ce paysage presque spirituel que l'Unesco a justement choisi de classer au patrimoine mondial de l'humanité». Les trois permis abrogés, qui avaient suscité des manifestations hostiles dans la région, avaient été accordés au groupe américain Schuepbach en Ardèche et dans l'Aveyron, et à Total à Montélimar.

Nicolas Sarkozy avait entamé sa visite par le musée du village de Mialet, près d'Alès, qui retrace l'histoire du protestantisme et de la révolte des Camisards dans les Cévennes, où le pouvoir royal a tenté d'éradiquer la «religion prétendue réformée». A la sortie, il s'est déclaré «très ému» de venir dans un tel «lieu de mémoire, un lieu sacré pour les protestants, qui a un message qui va bien au-delà de la seule communauté protestante». «Le don des protestants à la France, c'est la liberté de conscience», a-t-il ajouté.

Le président de la République, qui a à plusieurs reprises dans le passe célébré l' «héritage chrétien de la France», s'adressait à une communauté qui a environ deux millions d'adeptes dans l'Hexagone. Jeudi, ce sera au tour des 600.000 Arméniens de France d'être l'objet de ses attentions à l'occasion d'une visite d'Etat en Arménie, où il emmène avec lui le plus célèbre des membres de cette communauté, le chanteur Charles Aznavour.