Les réseaux sociaux peuvent-ils changer la face du monde?

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Publié le 30 septembre 2011.

INTERNET - Les scoops s'apprennent aujourd’hui par le biais des tweets et les manifestations s'organisent sur les réseaux sociaux. Au-delà des forums d'initiés et des opérations coup de poing menées sur le net, le Web 3.0 est-il au cœur des bouleversements de notre société?

«Ce n’est pas Facebook, ni Internet qui ont permis aux révolutions arabes de se faire, mais la capacité des gens à se rebeller!» C’est par ces mots que Gigi Ibrahim, journaliste et bloggeuse activiste égyptienne, a débuté son discours à la Global Conference des Ateliers de la Terre, qui vient de s'achever à Evian. Et pourtant en 2009, Mark Pfeifle, ancien conseiller américain en sécurité nationale, soumet dans un article du  Christian Science Monitor, la candidature de Twitter au prix Nobel de la paix pour son rôle en Iran durant l’insurrection verte. Au plus fort des émeutes, «plus de 221.000 messages par heure étaient postés sur Twitter en provenance d'Iran. Et en un jour, 3.000 vidéos étaient mises en ligne sur YouTube, et 2,2 millions de billets ajoutés sur des blogs.»

La proposition de l’ancien député américain à de quoi faire sourire la lauréate du prix Nobel de la paix 2003, l'Iranienne Chirin Ebadi. Elle soulève en revanche une question de société: les réseaux sociaux peuvent-ils changer la face du monde? Le débat fait rage à l’automne 2010 dans la presse américaine. Suite notamment à l’article de Malcom Gladwell publié dans le New Yorker, défendant l’idée selon laquelle les réseaux sociaux ne provoquent que de petits changements. Les vraies révolutions se déroulent selon l’auteur dans la rue et non pas derrière un écran d’ordinateur.

Les plateformes sociales sont avant tout des outils d’information et de collaboration

Un brin provocateur, le texte soulève un tollé chez les gourous du net qui ripostent par tribunes interposées. Au lendemain du «Printemps arabe», plusieurs experts s’accordent néanmoins à dire que les plateformes sociales sont avant tout des outils d’information et de collaboration. Le véritable déclencheur des mouvements est le «Y'en a marre !»: la colère des Tunisiens suite au suicide par immolation de Mohamed Bouazizi en décembre 2011. Ou le ras-le bol des Indignés espagnols face au chômage et la crise. Mais une fois le souffle de la révolte retombée, une question fondamentale reste à poser: qu’est qu’une révolution sociale à l’ère d’Internet?

«Une révolution est un changement de modèle et de valeurs qui ne s’effectue pas forcément dans un bain de sang» souligne George Gendelman, le cofondateur des Ateliers de la Terre. Des plateformes en ligne comme Esoko, qui mettent en relation des producteurs et négociants de produits agricoles d’Afrique via Internet et SMS, constituent en soi une révolution. En  facilitant l’accès à l’information sur les prix aux populations rurales,  ces cybermarchés permettent au final à des agriculteurs du Sud d’améliorer leurs conditions de vie.

Le bloggeur Jean-Phillipe Gros rappelle d’ailleurs à juste titre «que sans Internet, babyloan.org et tant d’autres sites de microcrédits n’existeraient pas. Et de nombreux projets de social business ne verraient pas le jour.»  De petites choses peuvent faire une grosse différence, «Little things can make a big difference». c’est la réponse de Biz stone, cofondateur de Twitter, à Malcom Gladwell. Et à voir le succès rencontré par les réseaux sociaux éthiques et solidaires tels que Jumo,  Causes, les végétaliseurs ou reWorld, il est clair que chacun y va de son petit geste  pour contribuer au mieux vivre ensemble.

Infos ou intox sur fond de Cyber-piratage

Mais Internet est devenu aussi un haut lieu d’espionnage et de déstabilisation, où fleurissent les rumeurs en tout genre.  Après avoir mobilisé ses hackers pour le printemps arabe, la défense des libertés ou la démilitarisation, pour ne «pas rester inactifs et laisser les atrocités de l'environnement continuer», le collectif de cyber-activistes Anonymous lance en juillet 2011 l’opération «Green Rights». L’objectif est de pirater, puis de diffuser sur Internet des données informatiques de  Monsanto, ainsi que de grandes sociétés pétrolières (Exxon Mobil, Canadian Oil Sands Limited, ConocoPhillips et Imperial Oil) responsables de l’exploitation des sables bitumineux.  

Dans un tout autre registre, du 19 au 20 février 2011, une rumeur a couru sur Facebook et Twitter que l’ancien Président tunisien Ben Ali était mort. Si l’information s’est révélée fausse, elle a laissé planer le doute le temps d’un week-end. Téléphone arabe 3.0 et cyber-terrorisme, ces deux approches sont comme les deux faces d’une même pièce: elles confirment l’idée selon laquelle «les réseaux sociaux sont des outils au service des causes que chacun défend, bonnes ou mauvaises. Il est donc urgent de créer un comité éthique» conclut Jean-Phillipe Gros.

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A Evian, Sonia Eyaan
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