Rassemblement des collectifs anti gaz de schiste, à Lézan, dans le Gard, le 27 août 2011.
Rassemblement des collectifs anti gaz de schiste, à Lézan, dans le Gard, le 27 août 2011.

à Lézan, Audrey Chauvet

Indignés, altermondialistes, anti-nucléaire, anti-gaz de schiste… La «convergence citoyenne» a bien eu lieu ce week-end à Lézan, dans le Gard. Selon les organisateurs, près de 15.000 personnes venues de toute la France ont participé à ce rassemblement inédit sur le thème de la transition énergétique. A l’issue de ces trois jours, la «déclaration de Lézan» synthétise les débats, consignés par les «citoyens-rapporteurs».

«Passer de la contestation à la transition»

Les militants, souvent arrivés par la «petite porte» de la mobilisation anti-gaz de schiste, ont affirmé leur refus plus global du capitalisme vert et de la marchandisation de la nature. Pour Yves Lusson, un des organisateurs, la déclaration de Lézan est une base «pour passer de la contestation à la transition énergétique». «Remettant en cause le système économique et productiviste dominant, la convergence affirme comme nécessité la définition de la terre, de l'eau, de l’air, de l'énergie, et du vivant comme biens communs inaliénables et accessibles à tous», peut-on lire dans la déclaration.

En pratique, «la relocalisation avec la réappropriation publique et territoriale des moyens de production et de distribution de l’énergie» et «la réorientation des politiques publiques des secteurs énergivores tels que l’agriculture intensive, les transports, le logement et l’industrie» sont nécessaires pour «assurer l’avenir des générations futures», affirme la déclaration. Réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, arrêt de la course aux énergies fossiles et sortie du nucléaire par la sobriété énergétique complètent ce qui pourrait être un programme clé-en-main pour les politiques.

Des revendications larges mises à jour par les forages de gaz de schiste

Les militants se sont aussi fixé pour objectif de pérenniser «la convergence des luttes»: ils veulent «articuler les mobilisations contre les gaz et huile de schiste, le nucléaire, les OGM, les incinérateurs, les agro-carburants et toutes les luttes sociales et environnementales» pour faire «émerger un nouveau projet de civilisation indispensable face aux enjeux climatiques, à l'épuisement des ressources naturelles et plus généralement au chaos dans lequel nous mène le capitalisme».

Parmi les idées fortes qui ont émergé pendant le week-end, «le contrôle citoyen des instances politiques» et la réinstauration d’une démocratie directe étaient omniprésentes. La déclaration de Lézan, qui confirme le soutien des militants au mouvement des Indignés espagnols, serait-elle un cahier de doléances en prélude d’une révolution (au moins) énergétique? «Des choses inédites se sont mises en place, se réjouit Yves Lusson. Ce premier texte sera diffusé aux politiques et aux citoyens, puis sera étoffé.» Faute d’avoir fait surgir du gaz, les forages de schistes français ont mis à jour des revendications qui dépassent largement les problèmes environnementaux.