Un des secrets permettant au requin d'être un formidable prédateur réside dans sa capacité à nager vite et à changer de cap sans ralentir, des manoeuvres permises par sa peau contrôlant le flux de la circulation de l'eau sur son corps, selon une étude présentée mardi.
Un des secrets permettant au requin d'être un formidable prédateur réside dans sa capacité à nager vite et à changer de cap sans ralentir, des manoeuvres permises par sa peau contrôlant le flux de la circulation de l'eau sur son corps, selon une étude présentée mardi. - Andrew Fox afp.com

© 2011 AFP

Parmi les derniers accidents en date, un jeune marié britannique tué mardi par un squale aux Seychelles sous les yeux de son épouse lors de leur lune de miel a défrayé la chronique. Face à ce deuxième accident mortel similaire en un mois - un Français avait été tué au même endroit 15 jours plus tôt -, les autorités ont interdit ces plages paradisiaques aux baigneurs. Mercredi, dans la zone extrême-orientale de Russie, un adolescent a été grièvement blessé lors d'une attaque dans la région de Primorié. La veille dans le même district de Khassan, un jeune homme de 25 ans a eu les bras arrachés jusqu'au coude par les morsures d'un requin à 50 mètres de la plage. Au même moment dans les Caraïbes, une vacancière à Porto-Rico était blessée par l'un de ces prédateurs, dont un tiers des espèces est classé en danger d'extinction par l'Union internationale de la Conservation de la Nature (UICN).

Selon un bilan international établi par l'Université de Floride, on a recensé l'an dernier 79 attaques de requins dans le monde dont six mortelles, soit une hausse de 25% des accidents par rapport à 2009. Pour 2011, on compte déjà six cas mortels et sept cas de blessures selon un décompte de l'AFP.

«Il n'y a en moyenne que 5 attaques par an dans le monde, c'est assez faible comparé aux attaques d'autres animaux comme les éléphants, crocodiles, abeilles ou cobras», indique à l'AFP Agathe Lefranc, chargée de mission scientifique à l'Association pour l'étude et la conservation des sélaciens, incluant requins et raies (APECS). «Les attaques de requins sont systématiquement médiatisées, mais on n'a pas concrètement d'éléments montrant que les requins sont devenus super agressifs de par la raréfaction de la nourriture, par exemple», ajoute-t-elle.

La pratique du shark feeding montrée du doigt

Première explication avancée: le développement de la mobilité des touristes. Grâce aux vols à bas coût, un nombre toujours plus grand de vacanciers peut aller nager, plonger ou surfer dans des endroits préservés jusqu'à récemment de toute présence humaine. «L'augmentation du nombre des attaques reflète certainement le temps croissant passé par les humains dans la mer», selon les observations de l''Université de Floride.

Pour David Jacoby, de l'Association de biologie marine (MBA) de Plymouth (Grande-Bretagne), les raisons des attaques sont souvent locales, mal comprises et font rarement l'objet d'enquêtes. En novembre et décembre derniers, Charm el-Cheikh, joyau touristique égyptien sur la Mer rouge, a été le théâtre de cinq attaques en une semaine, tuant une septuagénaire allemande qui s'y baignait. Selon les autorités égyptiennes, les prédateurs ont pu être attirés près des côtes par un bateau transportant du bétail ayant jeté en mer des moutons morts. D'autres accusaient la pratique de certains animateurs jetant de la nourriture aux requins (shark feeding) pour assurer des séquences grands frissons aux touristes.

Selon le spécialiste égyptien de l'environnement, Magdi al-Alwani, les requins auraient pu être forcés de venir près des côtes du fait de la surexploitation des fonds de pêche dans leur milieu naturel. «Ce ne sont que des suppositions ou alors des observations trop anecdotiques pour qu'on puisse en sortir des généralités», note cependant Agathe Lefranc soulignant qu'on «pourrait aussi imaginer que le réchauffement climatique fasse évoluer les aires de répartition des espèces.»