Désaccord entre européens sur l'avenir de la pêche

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Publié le 19 juillet 2011.

PECHE - La réforme du secteur est très controversée, même si tous les pays s'accordent sur la nécessité de préserver la ressource en poissons...

Plusieurs grands pays de la pêche en Europe ont émis mardi de sérieuses réserves sur une proposition controversée de réforme du secteur présentée par Bruxelles, augurant de discussions ardues sur la «privatisation» des quotas ou l'objectif du «zéro rejets» de poissons. Venue présenter ses idées devant les ministres européens de la Pêche réunis à Bruxelles, la commissaire Maria Damanaki a certes pu constater que tous partageaient, au moins en façade, l'objectif général de rendre la pêche européenne plus respectueuse des ressources halieutiques, particulièrement décimées.

La France et l’Espagne opposées à la réforme

Mais si ses propositions censées entrer en vigueur en 2013 ont reçu un accueil favorable du Royaume-Uni, du Danemark ou de la Suède --pour qui la réforme aurait même pu aller «plus loin»--, plusieurs grands Etats, dont les numéros un et deux du secteur, l'Espagne et la France en ont critiqué des points clés. «Des décisions trop radicales entraîneront la fermeture de la pêche en Europe», a jugé devant la presse le ministre français Bruno Le Maire. «Pas acceptable en l'état» à ses yeux, l'introduction d'un système de «concessions individuelles transférables», une sorte de marché des quotas de capture attribués aux pêcheurs que ces derniers pourront monnayer entre eux, risque de conduire une concentration «aux mains de quelques gros industriels», a-t-il jugé. A Maria Damanaki, Bruno Le Maire n'a toutefois pas opposé un «non» catégorique sur ce point, promettant «d'étudier» avec vigilance les garde-fous proposés: exclusion des navires de moins de douze mètres non équipés d'engins traînants comme des dragues ou des chaluts, limitation à l'échelle nationale les échanges de quotas.

L'Allemagne et l'Irlande se sont aussi montrées sceptiques. A l'inverse des pays où le système est déjà en vigueur comme l'Estonie ou le Danemark ont fait état de «résultats positifs». Pour Maria Damanaki, le système permet de faire «d'une pierre deux coups», en rationalisant, par le marché, les flottes de pêche aujourd'hui surdimensionnées sans avoir à verser de primes à la casse, et en aidant à lutter contre le gaspillage que constituent les rejets, ces poissons non commercialisables aujourd'hui rejetés par-dessus bord.

75% des stocks européens sont surexploités

Ces rejets, la commissaire grecque veut les interdire totalement d'ici 2016. «Pas réaliste», ont rétorqué Bruno Le Maire et sa collègue espagnole Rosa Aguilar, tandis que d'autres, comme le Britannique Richard Benyon, applaudissaient au contraire la nécessité de mettre un terme à ce «gaspillage incroyable». D'autres points clés font débat, comme l'objectif de ne pêcher, d'ici 2015, que le strict nécessaire pour ne pas mettre en danger la reconstitution des stocks de poisson en danger. Aujourd'hui, 75% des stocks européens sont surexploités et les quotas font l'objet de marchandages annuels entre Etats. A l'instar de son homologue français, l'Espagnole Rosa Aguilar a plaidé pour repousser la date butoir à 2020. «Toute autre date aurait des répercussions sociales et économiques considérables» pour le secteur, a-t-elle affirmé.

Maria Damanaki a brossé un tableau noir des perspectives du secteur si l'UE ne met pas en oeuvre un «vrai changement radical». Elle a aussi demandé une nouvelle génération d'accords de pêche avec des pays hors d'Europe, «plus respectueux des droits de l'Homme». Il faudra selon elle s'engager à ne pêcher que les surplus non exploités par les populations locales. La commissaire est prête à des concessions: «Nous pouvons discuter des dates, d'approches progressives», a-t-elle admis. Avant d'affirmer avoir «beaucoup d'arguments pour vous persuader que 2015 est faisable» pour parvenir à un état durable des ressources halieutiques.

© 2011 AFP
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