Une plantation de jatropha au Mozambique, appartenant à une société britannique, en mai 2010.
Une plantation de jatropha au Mozambique, appartenant à une société britannique, en mai 2010. - NICHOLLS/THE TIMES/SIPA

© 2011 AFP

Le marché des biocarburants pourrait bien avoir de lourdes conséquences sur l’indépendance alimentaire de l’Afrique. Les entreprises britanniques se ruent sur les terres africaines cultivables pour les produire, selon une enquête publiée mercredi à Londres par le Guardian, qui démontre l'importance croissante du phénomène. Sur les 3,2 millions d'hectares destinés à la production de biocarburants recensés par le quotidien dans les pays d'Afrique subsaharienne, plus de la moitié «sont liés à onze sociétés britanniques», loin devant les entreprises d'autres pays, assure le quotidien.

Cent projets dans vingt pays d’Afrique

Le journal dit avoir identifié en tout plus de 100 projets de production de biocarburants dans une vingtaine de pays du continent, émanant de 50 entreprises étrangères. Le champion en la matière est le groupe britannique Crest Global Green Energy, qui détiendrait à lui seul 900.000 hectares au Mali, en Guinée et au Sénégal. Le Guardian rappelle que l'utilisation croissante des terres agricoles à des fins de production d'énergie est de plus en plus contestée dans le monde: elle est accusée de menacer les écosystèmes et d'alimenter la flambée des prix des produits alimentaires, en réduisant les surfaces consacrées à leur culture.

De plus, alors que les biocarburants sont présentés par leur partisans comme moins polluants que le pétrole, certains experts contestent leur bilan en matière d'émissions de gaz à effet de serre. La ruée sur cette forme d'énergie a été encouragée par la décision de l'Union européenne de pourvoir 10% de l'énergie nécessaire aux transports par des énergies renouvelables en 2020, souligne aussi le Guardian. «Ce qui nous attire en premier, c'est d'exporter vers l'Europe», a ainsi déclaré au journal un responsable d'une des sociétés britanniques impliquées, Sun Biofuels, qui exploite 8.000 hectares en Tanzanie.