A Fukushima, le scénario du pire pourrait être en train de se réaliser

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Publié le 16 mai 2011.

JAPON - Le réacteur n°1 de la centrale japonaise est arrivé à un point critique: le combustible radioactif pourrait percer la cuve...

Le cauchemar de Fukushima perdure au Japon, plus de deux mois après le séisme et le tsunami qui ont déclenché une catastrophe nucléaire sans précédent. Alors qu’un système de refroidissement avait été installé dans le réacteur n°1 de la centrale, dont le cœur est partiellement fusionné, une fuite d’eau radioactive, assez importante pour remplir une piscine olympique, a obligé l’opérateur Tepco à admettre que la situation est loin d’être sous contrôle dans la centrale endommagée. 

Le fond de la cuve résistera-t-il?

D’après les dernières mesures, une bonne partie de l’eau injectée dans la cuve aurait fui dans les galeries souterraines jusqu’à la mer, laissant les barres de combustible à l’air. Tepco affirme que les barres se sont simplement «déformées» sous l’effet de la chaleur. Toutefois, la température au fond de la cuve, qui s’élève à 120°C, laisse penser qu’une partie du combustible a fondu, formant un corium, une sorte de boule de combustible concentré. A l’heure actuelle, on ignore si ce corium peut transpercer la cuve, voire la dalle de béton située en dessous. Mais lors d’un point de presse en fin de semaine dernière, Junichi Matsumato, directeur de Tepco, a avoué que le fond de la cuve du réacteur n°1 était percé.

Ce scénario était redouté par les experts, comme Roland Desbordes, le président de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) l’expliquait à 20 Minutes en mars dernier: «Si le refroidissement des réacteurs nucléaires échoue, leur coeur pourrait fondre. Les pastilles d’uranium s’accumuleraient alors au fond de la cuve, formant un corium, sorte de grosse boule de métal en fusion. Ce corium pourrait alors transpercer la cuve, puis la dalle de béton en dessous de la centrale, et enfin la roche et la terre avec des conséquences sur les nappes phréatiques et les sols en général.»

Un sarcophage en construction

Malgré cela, Tepco et l'agence japonaise de sûreté nucléaire visent toujours à stabiliser d'ici à janvier 2012 la situation à Fukushima-Daiichi par l'«arrêt à froid» des réacteurs. L’arrosage continue, nécessitant sept tonnes d’eau par jour, et du béton est injecté dans les enceintes pour tenter de colmater les brèches et éviter les fuites d’eau radioactive dans la mer.

Tepco a également annoncé le 13 mai qu’un sarcophage allait être construit pour recouvrir la centrale de Fukushima et éviter la prolifération de produits radioactifs dans l’environnement, comme cela a été fait à Tchernobyl. Les travaux de construction du sarcophage en acier de 55 mètres de haut, 47 mètres de long et 42 mètres de large autour du réacteur n°1 devraient commencer en juin. Mais pour les habitants de la région de Fukushima, il sera difficile d’enterrer les dégâts déjà causés par la centrale: dimanche, 7.800 personnes ont été évacuées de localités situées au-delà de la zone d'exclusion de 30 km autour de la centrale. Samedi, un homme d'une soixantaine d'années qui travaillait à la centrale de Fukushima-Daiichi est décédé. C'est le troisième employé dans ce cas depuis l'accident.

Audrey Chauvet
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