Richard Branson veut consacrer une de ses îles aux lémuriens

BIODIVERSITE Pour protéger cette espèce menacée, le millionnaire veut leur consacrer une île, une idée qui laisse les spécialistes perplexes...

A.C.

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Des lémuriens à Madagascar.

Des lémuriens à Madagascar. — SUPERSTOCK/SIPA

Quand on possède deux îles de l’archipel des Iles Vierges britanniques, on peut donner un peu d’espace à une bonne cause. Richard Branson, l’heureux propriétaire des îles Mosquito et Necker, veut dédier la première à une réserve de lémuriens. Ces animaux, classés dans la liste rouge des espèces menacées par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), vivent exclusivement à Madagascar. Mais la déforestation massive sur l’île de l’océan Indien réduit leur habitat naturel.

«Nous avons essayé de protéger les lémuriens, mais malheureusement à Madagascar, depuis le renversement du gouvernement, leur espace se réduit», s’est ému Richard Branson, interrogé par la BBC. L’abattage illégal des arbres aurait prospéré depuis deux ans, explique le PDG de Virgin: «Ici sur l’île Mosquito nous avons une magnifique forêt vierge. Nous avons fait venir des experts d’Afrique du Sud et ils nous ont confirmé que ce serait un endroit idéal pour les lémuriens».

Le gouvernement des Iles Vierges britanniques a accepté le projet et un premier arrivage de trente lémuriens, en provenance de zoos suédois, sud-africains et canadiens, doit  avoir lieu dans les prochaines semaines.

Introduire une espèce peut nuire aux écosystèmes locaux

Mais le projet de Richard Branson inquiète les associations environnementales: «Quelles autres espèces vivent sur l’île et comment seront-elles affectées?», s’interroge Simon Stuart, président de la commission pour la survie des espèces à l’UICN. Pour éviter de reproduire des erreurs telles que l’introduction des crapauds buffles et des lapins en Australie, l’UICN a édité un code pour les déplacements d’espèces animales qui impose des tests sur les écosystèmes.

«Le projet serait acceptable s’il enfermait les lémuriens dans un environnement contrôlé, par exemple dans un enclos où ils ne pourraient pas nuire à la flore et à la faune locales», explique Christoph Schwitzer, qui coordonne le programme de l’UICN sur les primates à Madagascar. «Il peut y avoir des nids d’oiseaux ou des petits invertébrés que les lémuriens attaqueraient pour se nourrir», précise-t-il. Richard Branson assure qu’une étude d’impact a été réalisée et que dans le cas où les lémuriens nuiraient à l’environnement, des mesures de protection des espèces locales, telles que les iguanes et les lézards, seraient prises.

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