Charlotte Fredouille, l'éboueuse de Bali

DECHETS Le Prix Terre de Femmes, créé en 2001 par la Fondation Yves-Rocher, récompense des femmes éco-citoyennes souvent anonymes qui agissent pour l'environnement. En attendant les résultats de l'édition 2011 le 8 mars prochain, lors de la Journée internationale des femmes, NEOPLANETE vous présente Charlotte Fredouille...

Delphine Rabasté

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Un poisson gît sur une plage de Bali, en Indonésie, en décembre 2007.

Un poisson gît sur une plage de Bali, en Indonésie, en décembre 2007. — Ed Wray/AP/SIPA

Du plastique partout. Sur les plages, dans le lit des rivières, au sein des villages. En 2008, Charlotte Fredouille visite l’Indonésie et se retrouve à Amed, dans l’Est de l’île de Bali. Derrière l’image de carte postale, elle découvre les conséquences de la mondialisation: des emballages de produits alimentaires et d’hygiène jonchent le sol. «Il n’existe pas de système de ramassage des déchets ménagers dans les campagnes, explique Charlotte. Je me suis dit qu’il fallait agir. J’ai donc fondé l’association Peduli Alam («prendre soin de la nature») et démarché pour trouver des financements.» Six mois plus tard, son projet, qui crée un réseau de poubelles publiques et individuelles, est mis sur pieds.

Aujourd’hui, plus de trois tonnes de déchets non-organiques sont récoltés par mois. Le programme, bien compris par les autorités locales et les écoles, l’est un peu moins par la population. «L’association n’accepte pas les déchets organiques, pouvant être transformés en compost, et les gens l’intègrent difficilement. Certains estiment qu’avoir des poubelles et ne pas mettre tous leurs déchets dedans est inutile», précise-t-elle.

Si les pouvoirs publics se soucient peu de ce problème, son association semble être maintenant le seul moyen de lutte efficace contre la pollution plastique. Et à 32 ans, Charlotte Fredouille déborde d’idées. En plus des campagnes de sensibilisation et des infrastructures de collecte, l’association voudrait «monter son propre centre de tri. Nous pensons aussi fabriquer des objets avec des matériaux de récupération et les revendre, pour créer des revenus supplémentaires.»

Pour cette lauréate, le Prix Terre de Femmes «est une reconnaissance du travail un peu fou [qu’elle a] entrepris à Bali, en démarrant juste avec la passion, sans fonds, sans aides.» Elle souhaite poursuivre cette action «à échelle humaine, en se basant sur le dialogue et le partage d’information.»

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