Le centre de stockage de l'Aube accueillera des déchets jusqu'en 2060

NUCLEAIRE Dernier volet de notre série sur la gestion des déchets radioactifs en France, avec la présentation du centre de l'Aube, qui accueille les résidus de faible activité...

Mickaël Bosredon

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Des visiteurs au centre de stockage de l'Aube

Des visiteurs au centre de stockage de l'Aube — D.VOGEL/ANDRA

Le centre de stockage des déchets de faible et moyenne activité de l’Aube (CSFMA) accueille la plupart des déchets radioactifs produits en France. Ici trois camions par jour alimentent le centre de résidus légèrement toxiques, en provenance des usines d’EDF, d’Areva, du CEA, et également des «petits producteurs», comme les hôpitaux. Il ne s’agit pas de combustibles ou de produits de fission, mais des déchets d’exploitation: outillage, filtres à eau, à air, tenues de protection… Contrairement aux déchets de haute activité qui n’ont pas encore trouvé de solution de stockage (lire ici), «c’est une famille de déchets dont on sait s’occuper depuis longtemps» assure Dominique Mer, responsable du CSFMA.

Ouvert en 1992 le CSFMA a pris le relai du centre de stockage de la Manche exploité de 1969 à 1994. Conçu pour accueillir 1 million de m3 de déchets, il devrait être en activité jusqu’en 2060, et entrera en phase de surveillance pour une période de 300 ans.

«Chaque colis qui arrive ici est identifié, et un code-barre lui est attribué pour assurer sa traçabilité » précise Fabrice Boissier, Directeur de la maîtrise des risques à l’Andra, l’agence nationale de la gestion des déchets radioactifs qui gère le site. Entreposés dans d’immenses hangars construits au fur et à mesure de l’arrivée des colis, ils sont ensuite recouverts de béton. L’ensemble du site sera « végétalisé », c’est-à-dire recouvert de terre, une fois son exploitation achevée.

L’Andra effectue chaque année quelque 15.000 analyses de l’air, de l’eau et des sols, sur le site et aux alentours pour s’assurer qu’aucune pollution radioactive ne s’échappe. Des doses de tritium se sont avérées supérieures en 2008 et 2009 à celles relevées avant l’ouverture du centre. « Des investigations se poursuivent pour confirmer l’origine de ce marquagne qui a conduit l’Andra à une gestion prudente de la capacité autorisée en stockage de tritium » précise l’Agence, qui ajoute le « seuil d’attention » n’a pas été atteint. Tous les résultats sont sur www.mesure-radioactivite.fr

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