Bruno Le Maire en visite dans une usine de méthanisation chez un éleveur porcin dans les Côtes d'Armor, en juillet 2010.
Bruno Le Maire en visite dans une usine de méthanisation chez un éleveur porcin dans les Côtes d'Armor, en juillet 2010.

© 2011 AFP

La campagne d'affichage des écologistes de France Nature Environnement (FNE), qui dénonce les OGM en utilisant des images fortes, constitue un «scandale» et une «provocation à quelques jours du Salon de l'Agriculture», a dénoncé mercredi le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire. Parmi les 21 affiches représentant six images distinctes, un homme joue à la «roulette russe» en pointant sur sa tempe un épi de maïs, dont on ne sait pas s'il est génétiquement modifié. Dans une tribune publiée par le quotidien Libération, le ministre se dit «partagé entre colère et indignation» de voir FNE «se livrer à des raccourcis inacceptables sur le vieux refrain "agriculteurs=pollueurs"».

«Depuis des années, les agriculteurs français ont fait le choix de l'environnement. Par nécessité: le coût croissant des engrais, les risques des pesticides sur leur santé et la nature, la pollution des nappes phréatiques», soutient Bruno Le Maire. Il ajoute qu'actuellement, il y a une quinzaine d'exploitants qui passent au bio chaque jour. Cette campagne est un «scandale» selon le ministre «car elle oublie la détresse qui a conduit certains agriculteurs au suicide».

Une campagne «caricaturale» pour la FNSEA

La FNE, association regroupant 3.000 associations écologistes, a suscité des vives réactions du monde agricole, alors que le Salon de l'Agriculture 2011 doit s'ouvrir le 19 février. Xavier Beulin, le président de la FNSEA, principal syndicat d'exploitants, a dénoncé une campagne «caricaturale et clairement orientée contre l'agriculture», et deux organisations du secteur avaient saisi en vain la justice d'une demande d'interdiction en référé de certains visuels.

Bruno Le Maire affirme également que le gouvernement a «décidé d'accompagner le passage d'une agriculture intensive à une agriculture toujours plus respectueuse de l'environnement», mais que face à la réalité économique de l'agriculture (concurrence européenne, dumping par les prix), il fallait être «raisonnable dans nos exigences» et ne pas se précipiter. Le ministre propose d'avancer en se concentrant sur trois points: aider les agriculteurs, harmoniser les règles européennes et mettre en oeuvre une réciprocité internationale.